L’aréna de Saint-Arthur réduit en cendres

SAINT-ARTHUR – Un violent incendie a complètement ravagé, vendredi en après-midi, l’aréna de la communauté de Saint-Arthur au Restigouche.

Le brasier, dont on ignore toujours l’origine, a commencé peu après 15  h. L’hypothèse la plus probable jusqu’à présent est qu’il serait relié à une fuite de propane dans le secteur de la cantine.

Le gaz aurait au départ causé une forte explosion soufflant une partie du bâtiment. À l’arrivée du premier pompier sur place, peu de flammes étaient visibles, mais un des murs latéraux de l’endroit était complètement affaissé. «Je n’en revenais pas. Je n’avais jamais rien vu du genre auparavant. L’explosion a dû être terriblement forte», confie Sylvain Maltais, chef pompier adjoint de la brigade de Saint-Arthur. «Le feu a débuté dans la section de la cantine. Il n’y avait pas d’incendie dans le secteur de la surface de glace ni dans le garage arrière. On a toutefois dû sortir nos gars de là, car le propane n’était pas encore coupé et que l’explosion avait rendu la structure très instable. Ça risquait de s’écrouler d’un instant à l’autre. On ne pouvait pas prendre le risque d’envoyer nos gars là-dedans. Lorsqu’on a réussi à couper le gaz, c’était trop tard», explique le pompier.

Un brasier d’une rare violence s’est ensuite déclaré dans la cantine et n’a laissé aucune chance aux intervenants de la brigade d’incendie de Saint-Arthur ni à celle de Val d’Amour appelée en renfort. L’aréna est une perte totale. «Quand je vois ça, j’ai presque le goût de pleurer tellement c’est triste de voir l’aréna dans cet état», exprime pour sa part Alain Levesque, pompier volontaire et utilisateur régulier de l’endroit. «Ça représente beaucoup pour notre communauté. Tout le monde est sous le choc ici», indique-t-il.

L’incident s’est heureusement produit alors que personne ne se trouvait à l’intérieur de l’aréna. «La dernière personne est partie d’ici ce matin vers 10 h. Ils ont fait le ménage et la glace, mais n’ont rien constaté d’anormal», soutient Hector Pitre, responsable de l’aréna. Rencontré sur les lieux de l’incendie, celui-ci était tout simplement effondré par la nouvelle. Il faut dire que c’est lui qui a été l’un des initiateurs de sa construction en 1977. L’aréna avait même été rebaptisé dernièrement en son nom en guise de remerciement pour son importante contribution. «J’ai pratiquement vécu ici. C’était ma deuxième demeure», dit-il avec beaucoup d’émotion.

L’aréna avait été rénové récemment. On avait alors procédé à des réparations à la toiture, à l’installation d’un recouvrement isolant au plafond, à l’amélioration des installations sanitaires dans les chambres et à l’embellissement du hall d’entrée. On venait d’ailleurs tout juste de procéder à l’acquisition et l’installation d’un nouveau tableau indicateur. Est-il possible de songer à une reconstruction ? «Peut-être, mais ça va être extrêmement difficile, car ça coûte beaucoup plus cher que le montant pour lequel on est assuré. Mais on verra. En tous cas, ce ne sera pas moi cette fois qui va le rebâtir. Je suis trop vieux pour un projet aussi gros que ça», indique M. Pitre.

La perte de l’aréna constitue un dur coup pour cette petite communauté, qui, en l’espace de quelques années à peine, a perdu son principal employeur (NAFP) et son école. «Aujourd’hui, c’est un autre gros morceau qui part. C’est vraiment triste, non seulement pour les gens ici, mais aussi pour tous ceux des communautés environnantes qui l’utilisaient. Cela dit, le plus important c’est qu’il n’y avait personne dans l’aréna qui était là lorsque l’explosion s’est produite. J’ose à peine imaginer s’il y avait eu de jeunes enfants en train de patiner ou des gens en train jouer au hockey», exprime M. Maltais. Une activité devait d’ailleurs avoir lieu à 18 h 30 en soirée.

À noter que certaines pièces d’équipements – dont la surfaceuse – ont pu être sorties à temps de la bâtisse. Ce n’est toutefois pas le cas pour tous. «On était une vingtaine de joueurs qui laissaient nos équipements de hockey à l’aréna après les parties. Ils sont partis en fumée», note un pompier volontaire rencontré sur place.