Le régime de médicament sera en vigueur le 1er mai

FREDERICTON – Le Régime de médicaments du Nouveau-Brunswick est adopté, malgré le flou qui persiste concernant son financement et la participation des entreprises.

Les Néo-Brunswickois qui ne possèdent pas d’assurance médicaments pourront s’inscrire au nouveau régime public provincial à partir du 1er mai. Le projet de loi du ministre de la Santé a passé l’étape de la troisième lecture, vendredi, à l’Assemblée législative.

«C’est pour des journées comme celle-ci que j’ai décidé de faire de la politique. Pour faire des choses constructives pour les gens», a déclaré Hugh John Flemming avec un brin d’émotion dans la voix.

Lors de la première année du régime public, un adulte dont le revenu brut est de moins de 26 400 $ par année paiera 67 $ par mois pour participer au programme. Un individu qui gagne entre 26 4000 $ et 50 000 $ déboursera quant à lui 117 $ mensuellement.

En pharmacie, les bénéficiaires du régime public verseront 30 % du coût de leur médicament, jusqu’à un maximum de 30 $ par ordonnance.

«C’est un jour historique pour le Nouveau-Brunswick. C’est une loi important qui va permettre aux gens de se payer leurs médicaments», a confié le porte-parole régional de l’Association canadienne du diabète, Jake Reid.

«C’est un bon pas de l’avant. Ça va aider beaucoup de famille à avoir accès à des médicaments qui vont les aider dans leur vie», a commenté le directeur général de l’Association des travailleurs sociaux du Nouveau-Brunswick, Miguel LeBlanc.

Le ministère estime à 50 millions $ le coût du programme durant sa première année de mise en oeuvre, partagé entre les bénéficiaires (23 millions $) et le Trésor public (27 millions $). Le régime public prendra de nouvelles proportions à partir du 1er avril 2015 lorsque la participation des Néo-Brunswickois qui ne bénéficient pas déjà d’une assurance médicaments deviendra obligatoire. Le coût du programme oscillera alors entre 120 millions $ et 150 millions $.

Hugh John Flemming compte sur la participation du secteur privé pour amasser une partie de la facture rendue à l’étape 2 du régime. Les discussions entre le gouvernement et les représentants des petites et moyennes entreprises se poursuivent, selon le ministre.

«Mon but est d’atteindre un consensus sur lequel tout le monde peut s’entendre. C’est une question de coordination, de prix, de méthodologie et de livraison des services. Je suis optimiste et j’ai toutes les raisons de croire que tout le monde sera satisfait», a-t-il dit, vendredi.

Même si l’opposition officielle a voté en faveur du projet de loi, son chef a soulevé de nombreuses questions au sujet de la deuxième année de mise en oeuvre du plan.

«Le gouvernement Alward ne peut pas nous dire exactement comment ça va coûter pour la phase 2. Ils ne nous disent aucunement comment ça va coûter. En plus, les Néo-Brunswickois seront obligés d’y participer s’ils n’ont pas d’assurance. Il y a encore trop de préoccupations pour que l’on appuie la phase 2», a déploré Brian Gallant.

Les libéraux dénoncent aussi le coût des primes du régime qui pourraient peser lourd dans le budget des familles à faible revenu quand la participation au programme sera obligatoire.

Selon Hugh John Flemming, les primes diminueront dès la deuxième année en raison du plus grand nombre de bénéficiaires.

«On sait que plus il y a de gens dans un régime d’assurance, plus les primes sont basses», a mentionné le ministre de la Santé, vendredi. Le gouvernement s’est également engagé, sans donner beaucoup de détails, à subventionner les primes de ceux qui n’auront pas les moyens de se les payer.

Plusieurs personnes comptent sur cette aide selon l’Association canadienne du diabète.

«Nous attendons la deuxième phase avec impatience quand il y aura des subventions. Il y a des gens qui ne seront toujours pas capables de se payer ce régime (durant la 1re phase). Nous aurons besoin de l’appui du gouvernement pour les primes mensuelles et aussi pour les frais en pharmacie», a prévenu Jake Reid.