Le temps presse pour le PC, croit Don Mills

MONCTON – Alors que le scrutin est à portée de vue, les libéraux maintiennent leur avance face aux progressistes-conservateurs dans les sondages. Selon le sondeur Don Mills, les électeurs semblent avoir décidé que le gouvernement doit changer.

Le coup de sonde trimestriel mené en février par la firme néo-écossaise Corporate Research Associates, dont Don Mills est le président-directeur général, indique que les progressistes-conservateurs tirent toujours de l’arrière, avec 31 % des intentions de vote. Les libéraux sont loin devant, à 43 %, alors que les néo-démocrates récoltent 21 % des appuis.

«Je pense que les gens ont décidé, au cours des 12 derniers mois, qu’il faut que le gouvernement change. Le Parti libéral en récolte les bénéfices. Ça revient au vieil adage qu’un parti ne remporte pas les élections, que c’est plutôt le gouvernement qui les perd. Je crois que c’est ce qui se dessine», explique Don Mills en interview téléphonique.

Il reste que les progressistes-conservateurs ont repris un peu du poil de la bête de novembre à février, passant de 25 % à 31 %. Don Mills explique que cela pourrait être attribuable à un retour au bercail de leurs partisans, à l’approche des élections.

«On spécule aussi que l’une des raisons de cette hausse est la prise de position du gouvernement, après Noël, d’appuyer l’exploration du gaz de schiste. On sait qu’il y a une minorité solide qui appuie cette position.»

Quant aux libéraux, ils ont à leur tête un jeune chef, Brian Gallant. Son jeune âge pourrait être un handicap dans d’autres provinces ou en politique fédérale, mais pas nécessairement au Nouveau-Brunswick, qui a eu son lot de premiers ministres trentenaires, rappelle Don Mills.

«Je crois qu’il (Gallant) va y avoir beaucoup de pression au cours des six prochains mois. Selon sa façon de gérer cette pression et sa façon de se comporter, je crois que les libéraux pourraient demeurer les coureurs de tête et remporter les élections.»

On peut aussi se demander si les néo-démocrates parviendront à amener les électeurs qui les appuient dans les sondages à passer de la parole à l’acte, le 22 septembre. Le parti de Dominic Cardy pourrait venir brouiller les cartes, croit Don Mills.

«Je crois qu’ils seront un facteur dans l’élection. Ils remporteront peut-être des sièges. Et dans une élection serrée, on pourrait se retrouver avec un gouvernement minoritaire. Si les libéraux obtiennent moins de 40 % des voix, alors il y a de vraies chances que le gouvernement du Nouveau-Brunswick soit minoritaire pour la première fois de son histoire.»

Une cote abrupte, presque impossible à remonter

Il ne suffit pas d’analyser l’évolution des intentions de vote pour comprendre l’humeur des électeurs néo-brunswickois, note Don Mills. Un autre indicateur est incontournable, le taux d’approbation.

Selon le sondeur, au cours de l’histoire politique récente, aucun parti des provinces de l’Atlantique n’a réussi à garder le pouvoir en déclenchant des élections avec un taux d’approbation de moins de 50 %.

Le dernier sondage de CRA, réalisé en février, a estimé le taux d’approbation à 33 %, soit 6 % de moins que trois mois plus tôt, une variation qui est intéressante, selon Don Mills.

«Voilà ce qui est un peu bizarre; en novembre, on aurait dit que le gouvernement commençait à rebâtir ses appuis. Leur taux d’approbation était de 39 %. Et là, il est redescendu à 33 %. Si l’on se fie à ce qui s’est passé dans les années passées, ça ne suffit tout simplement pas.»

Le gouvernement aura-t-il le temps de monter la pente à temps pour remporter les élections du 22 septembre?

«Il ne reste que six mois et la côte est abrupte. Est-ce impossible? Je dirais que rien n’est impossible», répond Don Mills.

Il ajoute que l’on ne sait pas encore quel effet a eu le dévoilement du plan forestier et des investissements majeurs annoncés par l’entreprise Irving. Si la confiance des électeurs à l’égard des perspectives économiques augmente et que le gouvernement parvient à en tirer profit, le taux d’approbation pourrait augmenter.

Mais avec 17 points à rattraper pour franchir le seuil de 50 %, le temps presse, dit ce sondeur.

«Il faut qu’il y ait un grand changement en peu de temps. Il est rare que la cote de satisfaction passe de 33 à 50 % en six mois. Ça ne se voit pas habituellement.»

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