Ron Cormier veut faire mentir le destin

BERESFORD – Ron Cormier ne se considère pas comme un miraculé, mais il l’est. Ayant frôlé la mort lors d’un accident de moto il y a un an et demi, ce citoyen de Beresford peut faire quelques pas avec une marchette ou des béquilles, mais il est la plupart du temps confiné dans son fauteuil roulant, étant paraplégique. Afin de faciliter ses déplacements, il est inscrit dans un concours national pour remporter un véhicule adapté à son éta

C’est son amie de cœur qui l’a inscrit à cette compétition sous forme de votes de la National Mobility Equipment Dealers Association, qui a débuté le 11 mars et prendra fin le 9 mai, avec à la clef la possibilité de gagner un des trois véhicules en jeu.

«Les véhicules sont adaptés à la personne. En ce qui me concerne, c’est plus l’accès à l’intérieur du véhicule qui pose problème», a indiqué Ron Cormier.

Il est possible de voter une fois par jour à partir de la même adresse courriel. Vendredi après-midi, son histoire comptabilisait plus de 1080 votes.

La vie de Ron Cormier a pris un tournant dramatique le 15 septembre 2012. C’est en voulant éviter un véhicule qui était dans sa voie que ce motocycliste a heurté un pont, dans le sud de la province.

«Je me suis penché à gauche pour l’éviter et j’ai frappé sur le bord du pont. Je suis tombé 20 pieds plus bas, près de la rivière. Je n’ai pas perdu connaissance. Je me souviens d’avoir vu le ciel, la terre, d’être tombé sur le dos. Et ce qui me fâche le plus, c’est que le monsieur responsable de mon accident ne s’est jamais arrêté», a-t-il exprimé.

C’est un corps disloqué qui a été transporté à l’hôpital, avec deux jambes, un bras et des côtes cassés et les ligaments d’un pied déchirés. Mais le pire: une colonne vertébrale fracturée ainsi qu’une lésion de la moelle épinière.

«Quand je suis arrivé à l’hôpital, le médecin a dit qu’il y avait de grosses chances que je ne marche plus», se remémore-t-il.

Pourtant, il parvient à faire quelques pas chaque jour, même si c’est très éprouvant. Ces progrès sont trop lents à son goût, mais remarquables pour les médecins et ceux qui le côtoient. C’est la douleur qui ne le quitte jamais.

«Je me suis résigné au fait que je vais tout le temps avoir mal, particulièrement sur tout le côté droit. Je ne peux pas rester debout très longtemps. Il faut que je me couche après trois, quatre heures assis», dit-il.

M. Cormier a subi plusieurs chirurgies à la suite de sa chute et a combattu des infections. Il lui arrive également d’avoir de moins bonnes journées moralement et il n’en a pas probablement fini avec les opérations.

«Je dois voir mon chirurgien en mai parce qu’une des quatre fractures à mon tibia gauche ne guérit pas. Il vérifiera s’il faut opérer de nouveau», explique-t-il.

Ron Cormier est un peu plus actif dans sa vie sociale et à seulement 51 ans, il espère un jour reprendre son travail d’enseignant au collège. Et pourquoi pas refaire de la moto…

Il est possible de voter à cette adresse: http://www.mobilityawarenessmonth.com/entrant/ronald-cormier-beresford-nb/