Homard: l’UPM menace de boycotter un important sommet

MONCTON – L’Union des pêcheurs des Maritimes menace de boycotter un sommet important sur la valeur du homard. L’organisme dénonce le fait que la question controversée de la taille minimale du homard ne soit pas à l’ordre du jour.

«Après consultation avec nos membres, on a décidé que s’ils (les organisateurs du sommet) ne veulent pas mettre ça (la taille minimale) à l’agenda, on n’y ira pas», a affirmé François Beaudin, le président de l’Union des pêcheurs des Maritimes (UPM), lors du 37e congrès de son organisme.

À moins d’un changement de dernière minute, l’UPM ne participera pas au Sommet 2014 sur la récupération de la valeur du homard à Halifax, mercredi et jeudi.

L’événement, organisé conjointement par les gouvernements du Nouveau-Brunswick, de l’Île-du-Prince-Édouard et de la Nouvelle-Écosse, a comme but de chercher des moyens d’augmenter la valeur du homard pêché dans les eaux à l’est du Canada.

Par contre, le forum ne va pas aborder l’une des préoccupations majeures de l’UPM, soit la taille minimale du homard.

«Ce sommet n’a donc pas été conçu pour discuter de nos préoccupations», a fait savoir M. Beaudin.

Le ministre de l’Agriculture, de l’Aquaculture et des Pêches, Michael Olscamp, s’est dit déçu de la décision de l’UPM. Il a cependant toujours l’intention de participer au forum à Halifax. «Je suis très désappointé que l’UPM ne soit pas représentée au symposium de Halifax. Je ne suis pas d’accord avec la décision, mais je la respecte. Je sais que des décisions difficiles doivent parfois être prises», a affirmé M. Olscamp

«Je peux vous assurer que la mesure est encore le point le plus important à mes yeux», a-t-il ajouté.

La question de la taille minimale du homard cause des tensions entre les pêcheurs du Nouveau-Brunswick et de l’Île-du-Prince-Édouard depuis plus d’un an. Les homardiers des deux provinces partagent les eaux du détroit de Northumberland.

Les pêcheurs néo-brunswickois demandent une augmentation de la taille minimale afin de s’ajuster aux demandes du marché. Celles-ci auraient changé en 2012, quand un acheteur majeur, Darden Restaurants, a enlevé le plus petit homard de son menu.

Les pêcheurs insulaires, pour leur part, affirment qu’une augmentation de la taille minimale détruirait des marchés niches desquels ils dépendent.

Durant l’été 2013, l’ancien ministre des Pêches et des Océans, le Néo-Brunswickois Keith Ashfield, a tranché la question en faveur des pêcheurs insulaires en refusant d’accorder une hausse de la taille minimale du homard.

Présente à Moncton, la nouvelle ministre des Pêches et des Océans, Gail Shea, a hésité à se prononcer sur le dossier. Elle aurait la responsabilité de trancher la question pour les années à venir.

«C’est quelque chose qui sera discuté par le Lobster Advisory Board (comité consultatif sur le homard). Ils en discutent avec le ministère, et les discussions vont continuer là dessus», a mentionné la ministre.

La décision de l’Union des pêcheurs des Maritimes a été annoncée lors de son congrès 2014, qui a commencé dimanche et se poursuit lundi.