La Coop de Caraquet accuse un déficit de près de 1 million $

Le président du conseil d’administration de la Coopérative de Caraquet, Michel Rail. - Acadie Nouvelle: Pierre Leyral
Le président du conseil d’administration de la Coopérative de Caraquet, Michel Rail. – Acadie Nouvelle: Pierre Leyral

CARAQUET – Un chiffre d’affaires en baisse de 7 millions $ en 2013, un déficit de près de 1 million $, les états financiers de la Coopérative de Caraquet ne sont plus aussi bons que par le passé.

«Nous avons besoin de votre soutien», n’hésite pas à dire Michel Rail, le président par intérim du conseil d’administration, devant plus de 600 membres venus participer à l’assemblée générale annuelle.

Il n’a pas caché que les difficultés rencontrées par la Coopérative en 2013 étaient dues à l’ouverture du magasin Sobeys à Caraquet.

«Il a fallu gérer la décroissance des ventes en raison de l’arrivée d’un compétiteur», reconnaît Michel Rail.

Ce nouveau concurrent a eu un réel impact sur les ventes de l’épicerie. Elles ont reculé en 2013 de 4,5 millions $, alors que les ventes de produits pétroliers sur le quai de Caraquet ont baissé elles de 2,3 millions $, selon les chiffres présentés lors de l’assemblée générale.

Devant cette situation, le président du conseil d’administration a demandé aux membres de la Coopérative de faire preuve «de patience et de compréhension». Pour ne pas aggraver une situation financière déjà en déséquilibre, des sacrifices leur sont demandés.

Le premier est le maintien du gel des parts et du capital prêté des membres. La mesure avait été décidée début 2013 alors que les membres de la Coopérative de Caraquet avaient retiré 350 000 $ en capitaux. Elle ne devait être alors que temporaire.

Le maintien du statu quo sur cette question n’a pas soulevé de réactions particulières au sein des participants à l’assemblée générale. La résolution a été adoptée à la majorité. Pour Michel Rail, malgré les inconvénients de la mesure, il en allait de la santé financière de la Coopérative.

«C’est un peu frustrant quand tu sais que tu as de l’argent, mais que ce n’est pas possible de l’avoir, mais nos membres vont comprendre», assurait le président avant le début de l’assemblée générale.

Un second sacrifice est demandé aux membres. Cette année ils vont devoir faire une croix sur la ristourne habituellement consentie aux membres. En 2014 elle sera de 0 %. Dernière mauvaise nouvelle, le taux d’intérêt versé sur le capital sera seulement de 0,5 %.

Si le bilan de 2013 est assez sombre et a nécessité des compressions dans les effectifs cet automne, les responsables de la Coopérative se montrent rassurants.

«On a eu une mauvaise année, c’est sûr, mais il n’y a rien qui dit que cette année on ne retrouvera pas le chemin de la prospérité», veut croire Michel Rail. Les ventes de janvier et février sembleraient confirmer cette «légère» reprise.

Le conseil d’administration a recruté un cabinet spécialisé pour l’aider à redresser la barre.

Une analyse des états financiers et de la situation des différents points de service doit permettre de bâtir un plan stratégique dont le détail n’a pas été divulgué lundi soir. Quant à savoir si de nouvelles suppressions d’emplois ou même la fermeture de certains points de service sont des solutions envisagées, les responsables de la Coopérative de Caraquet jugent qu’il est encore trop tôt pour le dire.

«On va regarder point de service par point de service pour voir s’il y a besoin de faire d’autres coupures ou d’autres choses», assure la nouvelle directrice générale Nathalie Duguay.

«ON Y CROIT ENCORE»

Si les données financières présentées lors de l’assemblée générale sont relativement mauvaises, les membres présents ne semblent pas en tenir trop rigueur à l’équipe dirigeante de la Coopérative de Caraquet. Les sacrifices demandés sont accueillis sans colère ni plaintes ouvertement avancées.

Au contraire, les membres semblent décidés à faire front pour éviter le pire. «On y croit encore», commente un adhérent à la sortie de la réunion.

«Je n’ai pas trop le choix j’y travaille», plaisante un second. Il s’agit selon eux seulement d’une mauvaise passe pour la Coopérative de Caraquet, une situation temporaire qui, espèrent-ils, ne devrait pas trop durer.