Grand Moncton: le nombre de sans abris est en hausse

MONCTON – Politiciens, hommes d’affaires et sans-abri ont partagé un petit-déjeuner dans une église au centre-ville de Moncton, lundi matin. Ils ont assisté au dévoilement d’un rapport qui dévoile que la situation de l’itinérance s’est légèrement empiré dans le Grand Moncton.

Le nombre de personnes ayant recours aux deux refuges pour les sans-abri du Grand Moncton, la Maison Nazareth et la Harvest House, est passé de 720 à 781 au cours de la dernière année, selon le septième rapport sur l’itinérance dans le Grand Moncton.

Le comité qui a formulé le rapport estime que pour chaque sans-abri qui a recours à un refuge d’urgence, il existe jusqu’à quatre autres «sans-abri cachés» qui passent la nuit dans la rue ou chez un ami.

Pour ceux qui se trouvent dans une situation de pauvreté, le simple fait de survivre peut devenir un emploi à temps plein, explique Joël Richardson, un chômeur originaire de Tracadie-Sheila.

Il connaît l’itinérance de près, ayant vécu pendant quelques semaines sans toit dans la région de Moncton cet hiver.

«C’est un travail à temps plein, survivre. Pendant ce temps-là, tu ne peux pas travailler parce que tu es toujours sur le mode de survie», a-t-il précisé.

«Quand tu t’es levé ce matin, il fallait que tu prennes un café et que tu déjeunes. Ça prend du gaz pour mettre dans ton char. Et le soir, quand tu arrives du travail, il faut que tu aies un lunch sur la table pour être en forme le lendemain au travail. En gros, pour travailler, ça te prend de l’argent», a lancé celui qui est toujours à la recherche d’un emploi.

Pour M. Richardson, la situation de la pauvreté au Sud-Est est criante. L’écart entre les riches et les pauvres est flagrant à ses yeux.

«Quand j’ai débarqué du train, ça m’a frappé la pauvreté qu’il y a ici. C’est incroyable. C’est vraiment noir et blanc, l’écart entre les riches et les pauvres», a-t-il affirmé en ajoutant que la situation est beaucoup mieux dans plusieurs villes au Québec.

La pauvreté touche de plus en plus de familles dans le Grand Moncton. La liste d’attente pour un logement subventionné a haussé de 58 %, de 2011 à 2013.

Des familles doivent sacrifier des besoins essentiels, comme la nourriture, afin de se payer un logement. Une étude sur l’insécurité alimentaire publiée en 2013 a démontré qu’un enfant sur quatre au Nouveau-Brunswick appartient à une famille qui a de la difficulté à se procurer de la nourriture.

«Certaines familles dépensent plus de 50 % de leur salaire sur le logement. Elles finissent par choisir des endroits qui ne sont pas sécuritaires, qui sont malsains et qui abritent trop de personnes», a affirmé Tina Thibodeau, qui fait partie du Comité directeur des sans-abri du Grand Moncton.

Le rapport sur l’itinérance dans le Grand Moncton indique aussi une hausse du nombre de femmes qui ont fui la violence familiale. Carrefour pour femmes de Moncton rapporte une hausse de 103 femmes qui ont fui la violence familiale, de 2012 à 2013.