Un rapport recommande de fermer des écoles et des hôpitaux

FREDERICTON – Une voix de plus s’ajoute à la chorale qui demande au gouvernement provincial d’en faire plus pour équilibrer son budget. Cette fois, c’est au tour de l’Institut atlantique d’études de marché de s’impliquer dans le débat en proposant d’envisager la fermeture d’écoles et d’hôpitaux.

L’Institut a publié mardi un rapport sur l’histoire des finances publiques néo-brunswickoises, écrit par l’un de ses analystes, Shaun Fantauzzo, et par le professeur d’économie à l’Université du Nouveau-Brunswick, David Murrell.

Dans ce rapport, ils soulignent les efforts du gouvernement, mais affirment qu’ils sont insuffisants. Ils suggèrent notamment au gouvernement de réduire sa taille, comme il l’a fait en 2011 en abolissant le Conseil consultatif sur la condition de la femme.

En ce qui a trait à la santé, ils estiment que le Nouveau-Brunswick pourrait imiter ce qu’a fait la Saskatchewan dans les années 1990.

«Pour réduire les dépenses, le gouvernement provincial y a mené un effort de rationalisation considérable, fermant des hôpitaux ruraux sans causer des contraintes excessives. Le gouvernement du Nouveau-Brunswick devrait voir si des actions semblables réussiraient dans la province.»

Les auteurs proposent également de revoir le réseau d’écoles dans la province.

«Le gouvernement provincial pourrait aussi mettre en œuvre des mesures de réduction des dépenses dans son système d’éducation en consolidant des écoles qui ne sont pas pleines et qui sont situées l’une près de l’autre. De plus, il pourrait réduire la bureaucratie dans le système pour réduire le coût par élève.»

Ils proposent ces mesures pour réduire le déficit budgétaire, qui est estimé à 391 millions $ au cours de l’année financière 2014-2015 et qui portera la dette à 12,2 milliards $.

Dans leur rapport, les auteurs expliquent que l’apport de transferts fédéraux à l’économie de la province est en bonne partie à blâmer pour le piteux état dans lequel se trouvent les finances publiques. C’est que ces transferts représentaient 10,9 % du produit intérieur brut provincial de 1981 à 1991. Depuis 2011, cette proportion a chuté à 8,7 %.

Selon les auteurs, rien ne porte à croire que cette tendance est sur le point d’être inversée.

«Le résultat est que le Nouveau-Brunswick fait face à des défis en ce qui a trait aux revenus. Le gouvernement doit régler ses problèmes fiscaux en se penchant sur les dépenses», peut-on lire dans le rapport.

Ils affirment que le gouvernement doit réduire les dépenses, puisque des mesures visant l’augmentation des revenus risqueraient de «compromettre la croissance économique et la compétitivité des taxes» au Nouveau-Brunswick.

RÉACTIONS PARTAGÉES À FREDERICTON

Appelé à commenter le rapport de l’Institut atlantique d’études de marché, le ministre des Finances dit qu’il n’est pas pour la fermeture d’un grand nombre d’écoles et d’hôpitaux. Blaine Higgs dit cependant que le gouvernement doit étudier sa structure et «prendre les décisions nécessaires.»

Après avoir pris connaissance des grandes lignes de ce document, publié mardi par l’Institut, le ministre des Finances s’est dit heureux de voir les auteurs souligner les efforts de son gouvernement, dont la réforme du régime de retraite des fonctionnaires.

Quant à leur suggestion d’envisager la fermeture d’hôpitaux ruraux et de fusionner des écoles, il dit qu’il ne veut pas voir un grand nombre de fermetures, mais qu’une réflexion s’impose.

«Nous devons regarder les questions structurelles et être prêts à prendre les décisions nécessaires qui nous permettront de continuer. Je ne fais pas la promotion de changements significatifs dans le nombre d’hôpitaux ou d’écoles, mais je crois que nous devrons faire face à la réalité de notre province.»

Blaine Higgs ajoute que les changements qui seront apportés doivent «avoir du sens et être compris par les gens.»

Selon lui, le Nouveau-Brunswick peut se permettre d’offrir des soins de santé de qualité au moins égale à ceux offerts dans les autres provinces.

«Mais nous devons le faire de façon très responsable et efficace. Ce que cela signifie, c’est que nous devons nous assurer d’avoir des centres d’excellence en mesure d’offrir des soins de la qualité que nous attendons. Nous ne pourrons peut-être pas offrir tous les soins dans tous les hôpitaux, mais nous pourrons les offrir dans la province.»

Le critique de l’opposition pour les dossiers liés à la Santé, Donald Arseneault, a lui aussi commenté ce rapport, mardi après-midi. En point de presse, il n’a pas voulu dire que les libéraux ne fermeront pas d’hôpitaux s’ils sont élus lors des prochaines élections.

«Je ne veux pas avoir la conversation d’éliminer les hôpitaux. C’est un langage qui est plus utilisé par les (progressistes-)conservateurs. J’aimerais mieux travailler pour que l’on rende le système de soins de santé plus efficace et que l’on dirige les investissements là où ils auront un plus grand impact pour réduire les dépenses futures en santé», a-t-il dit.

Selon lui, le gouvernement devrait miser davantage sur la prévention pour réduire les dépenses en santé.