Chapelle ardente: des larmes dans le silence

MONCTON – La population se sont déplacés en grand nombre pour rendre hommage aux trois policiers abattus lors de la fusillade de Moncton, à la veille de leurs funérailles.

Les cercueils contenant les corps des gendarmes Fabrice Gevaudan, Douglas Larche et David Ross sont arrivés à l’église Wesleyan, lundi, escortés par leurs confrères de la GRC.

Les trois policiers du détachement de Codiac sont décédés mercredi sous les balles d’un tireur qui a tenu les forces de l’ordre en haleine et semé la terreur sur Moncton jusqu’à son arrestation, une trentaine d’heures plus tard.

Une chapelle ardente a été organisée pour permettre aux citoyens de se recueillir en présence des cercueils des trois victimes avant les funérailles régimentaires qui ont lieu mardi au Colisée de Moncton.

De 14 h à 21 h, des centaines de personnes ont défilé en silence dans l’amphithéâtre.

«On veut dire aux familles qu’elles ne sont pas seules. On ne les connait pas, mais de loin, on va continuer à les porter dans nos prières parce qu’on sait que dans les mois et les années à venir, ça va être difficile», a déclaré Ida Nowlan, de Bouctouche, à sa sortie de l’église Wesleyan.

À l’intérieur, six membres de la GRC en uniforme de parade entouraient les cercueils, certains pleurant à chaudes larmes tout en échangeant des poignées de mains et des étreintes avec les gens.

Des photos montraient le gendarme Gevaudan avec un scaphandre de plongée, le gendarme Larche à bicyclette, et le gendarme Ross avec son chien policier. Le chapeau et les gants de chacun des policiers reposaient sur leur cercueil recouvert du drapeau canadien.

«J’ai bien aimé que la personnalité de chacun ait été mise en évidence», a raconté John Lutz de Cocagne.

«L’un avec son chien, l’autre avec sa casquette des Canadiens de Montréal et le troisième sur son vélo. Ça les rend plus humains. Ça montre le côté personnel», a-t-il dit.

Le constable Jeff Agnew de la GRC de Codiac travaillait avec les trois victimes. Il avait visiblement beaucoup d’admiration pour eux.

«Ils aimaient leur profession. Ils aimaient la vie. Ils aimaient la ville. Ils étaient assez contents de demeurer ici et d’être capables de faire l’emploi qu’on fait», a-t-il mentionné.

L’élan de gratitude de la population envers les policiers depuis la tragédie ne passe pas inaperçu au sein des forces de l’ordre, a-t-il assuré.

«C’est incroyable. Je n’ai jamais pensé que dans ma vie je verrais quelque chose comme ça. Il y a des étrangers qui me serrent la main et qui me disent “merci pour tout ce que vous faites”. Je n’ai jamais pensé que ça se passerait comme ça», a-t-il indiqué, lundi.

L’archevêque de Moncton a également participé au recueillement à la chapelle ardente.

«J’avais besoin de venir faire une tournée. Pour moi, personnellement, j’avais besoin de faire une démarche pour prier pour ces gens-là et en même temps montrer ma solidarité avec Moncton et tous les gens de la région», a témoigné Mgr Valéry Vienneau.

À la veille des funérailles des trois policiers, la communauté se remet peu à peu, a convenu le maire de Moncton.

«La ville s’en remet du mieux qu’elle peut. Il a deux émotions prédominantes ici. Il y a une profonde tristesse pour la mort des policiers et pour leur famille. En même temps, il y a un important élan d’encouragement pour les policiers de la part de la population», a dit George LeBlanc.

Le commandant de la GRC au Nouveau-Brunswick, Roger Brown, et la surintendante de la GRC de Codiac, Marlene Snowman, sont également venus saluer leurs hommes décédés dans l’exercice de leurs fonctions.

Justin Bourque, âgé de 24 ans, a été arrêté dans la nuit de jeudi à vendredi. Il a été accusé vendredi de triple meurtre au premier degré et de deux tentatives de meurtre sur les agents Darlene Goguen et Éric Dubois. Il comparaîtra en cour à nouveau le 3 juillet.

Darlene Goguen et Éric Dubois ont reçu leur congé de l’hôpital.

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