Radon: de nombreux citoyens préoccupés

CARAQUET – L’omniprésence du radon au Nouveau-Brunswick, un gaz radioactif cancérigène, semble préoccuper la population depuis la publication récente des résultats d’une étude menée par Santé Canada.

Un taux de 5590 becquerels de radon par mètre cube (Bq/m3) a été détecté dans une résidence de Bas-Paquetville, soit environ 28 fois plus élevé que les taux jugés acceptables par Santé Canada, confirment les chiffres de Santé Canada dévoilés la semaine dernière par CBC. Il s’agit du deuxième taux le plus élevé au pays.

Le seuil maximum recommandé par l’organisme fédéral est de 200 Bq/m3.

Des concentrations très élevées de radon peuvent être trouvées dans une maison sur quatre au Nouveau-Brunswick. Environ 40 % des résidences de la Péninsule acadienne et de la région Chaleur contiennent des taux dépassant 200 Bq/m3.

Yves Basque, propriétaire de Radon Solution Basque, avait indiqué à l’Acadie Nouvelle qu’il n’a jamais détecté une quantité de radon aussi élevée que celle de Bas-Paquetville, cependant il visite régulièrement des maisons où les taux dépassent de loin la norme de 200 Bq/m3.


Depuis une semaine, il constate une hausse du nombre d’appels de gens préoccupés par la présence de radon dans leur maison.

«Beaucoup de gens m’ont appelé pour plus d’information. Ç’a suscité beaucoup de questions. Le monde n’est pas au courant et ne connaît pas trop les dangers», dit-il.

Sarah Bustard, porte-parole au ministère de la Santé, a aussi remarqué une augmentation du nombre de demandes d’information.

D’après Santé Canada, le radon est un gaz radioactif qui provient naturellement de la désintégration de l’uranium dans le sol. Il s’infiltre dans des bâtiments principalement par des fissures et d’autres voies d’entrée dans le sous-sol. À l’extérieur, le radon se disperse et ne pose aucun problème pour la santé.

Un non-fumeur exposé à des concentrations élevées a un risque de développer un cancer du poumon une fois sur 20 et de une sur trois pour un fumeur.

 

Aucun programme d’aide de Fredericton

Si le test de dépistage du radon est assez abordable (environ 35 $), les solutions pour réduire l’exposition sont nettement plus chères, soit de 2000 $ à 3000 $. Il est aussi possible de commander des dosimètres (appareils de détection) auprès de l’Association pulmonaire du Nouveau-Brunswick pour environ 35 $.

Yves Basque demeure persuadé que le gouvernement provincial a intérêt à assumer une partie des coûts pour atténuer le problème chez les plus vulnérables.

«Le gouvernement va faire des économies au bout du compte. J’ai détecté des taux de plus de 2000 Bq/m3, mais les gens n’ont pas les moyens de prendre les mesures nécessaires. Ce sont des personnes âgées, des gens sur l’assistance sociale.»

À Fredericton, il n’existe aucun programme pour financer les travaux de réduction des taux de radon, indique une porte-parole du ministère de la Santé.

Le gouvernement pourrait toutefois intervenir si le radon est découvert dans des logements sociaux gérés par le ministère du Développement social.

«Si nous trouvons dans nos unités quelque chose comme le radon, on va agir immédiatement», souligne le porte-parole du ministère, Jean-François Pelletier.