La SANB et l’AAJ dénoncent ICI RDI

PETIT-ROCHER – La Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick et l’Association acadienne des journalistes ont également vertement critiqué ICI RDI pour son traitement de l’information et l’absence d’une émission spéciale lors des premiers moments de la tragédie qui s’est déroulée la semaine dernière à Moncton.

«Le mercredi 4 juin restera à jamais gravé dans notre mémoire collective, cet évènement est venu nous rappeler que nous sommes bien loin des préoccupations de Radio-Canada et RDI Montréal. Les explications fournies jusqu’à présent sont tout à fait inacceptables. Un autre malheureux incident qui confirme l’attitude nombriliste de notre Société d’État», a indiqué par voie de communiqué Jeanne d’Arc Gaudet, la présidente de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick.

Jeanne d’Arc Gaudet
Jeanne d’Arc Gaudet

L’Association acadienne des journalistes dénonce aussi la décision de RDI d’attendre au lendemain avant d’aller en émission spéciale.

«La lenteur avec laquelle RDI a réagi à la tragédie de Moncton est d’autant plus déplorable que l’équipe de Radio-Canada Acadie était sur place très rapidement, prête à informer le pays, en direct et en français, sur le drame qui se déroulait chez nous», a déploré Pascal Raiche-Nogue, le président de l’Association acadienne des journalistes.

Pascal Raiche-Nogue
Pascal Raiche-Nogue

Il précise que ce n’est pas faute de moyens que Radio-Canada a attendu au lendemain, la société d’État pouvant compter sur une équipe de journalistes de qualité à sa station de Moncton.

«Les mauvais choix des grands patrons de Radio-Canada ne leur rendent pas justice», a ajouté M. Raiche-Nogue, qui est journaliste à l’Acadie Nouvelle.

Marie Hélène Eddie s’est dite outrée par la couverture des évènements par ICI RDI.

Marie-Hélène Eddie
Marie-Hélène Eddie

Dans un texte publié sur le site Internet Astheure, l’étudiante au doctorat en sociologie à l’Université d’Ottawa et membre de la Chaire de recherche sur la francophonie et les politiques publiques dit ressentir colère et frustration envers ICI RDI.

«RDI a complètement manqué le bateau, c’est une erreur majeure et un oubli inexcusable de leur part», a résumé d’entrée de jeu celle qui se penche sur le rôle des médias dans les milieux francophones minoritaires.

«C’est la British Broadcasting Corporation (BBC) et Al Jazeera qui m’ont le plus renseignée durant les évènements! Les médias traditionnels, à quelques exceptions près, nous ont laissé tomber le 4 juin dernier», a ajouté Marie Hélène Eddie.

Marjorie Pedneault, qui a été à l’emploi de Radio-Canada Acadie pendant cinq ans, a expliqué dans une lettre ouverte publiée jeudi dans Le Droit avoir l’impression qu’aux yeux de Radio-Canada, elle n’existe tout simplement pas, tout comme le reste de la francophonie hors-Québec.

Marjorie Pedneault
Marjorie Pedneault

«Terrée dans ma maison avec mes deux enfants terrorisés, j’ai dû me tourner vers le diffuseur public anglais, CBC, pour bien comprendre ce qui arrivait et écouter les témoignages de mes concitoyens», a témoigné celle qui a aussi été journaliste à l’Acadie Nouvelle.

Dès les premières heures après la tragédie, le réseau d’information CBC News Network a présenté une émission spéciale en direct. Le réseau national CBC a suivi peu après, le soir même. D’autres réseaux anglophones (CTV, notamment) ont fait de même.