Sommet sur le développement des régions: «Il faut absolument travailler ensemble»

DALHOUSIE – Le développement régional sera sur toutes les lèvres et au centre de toutes les discussions ce weekend à Dalhousie.

L’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick a ouvert, vendredi, son tout premier Sommet sur le développement des régions, grande réflexion sur les défis auxquels font face les différentes communautés du Nouveau-Brunswick.

C’est avec une touche d’humour que le maire de Dalhousie, Clem Tremblay, a accueilli ses nombreux confrères municipaux de partout en province.

«Un homme entre dans un établissement et trouve par terre une liasse de billets enroulés dans un élastique et demande si ça appartient à quelqu’un. Aussitôt, une personne lève la main et le réclame. L’homme lui dit alors: “Tiens, voilà ton élastique”. C’est une blague bien sûr, mais en même temps c’est un peu comme ça que l’on se sent, nous, les municipalités. On n’a plus d’argent autour de notre élastique et en plus, l’élastique est étiré jusqu’au bout», a lancé le maire provocant plusieurs rires dans l’amphithéâtre, mais également une certaine réflexion.

Exode des jeunes… Développement économique… Les défis sont nombreux pour les représentants qui participent au sommet, dont le rôle est justement de tenter de trouver des pistes de solutions. Le sommet se veut, en fait, la première étape d’une grande réflexion sur le développement des régions, un prélude à une rencontre de plus grande envergure encore prévue en mars 2015 et d’où devraient émaner les bases d’une politique sur le développement des régions du Nouveau-Brunswick.

«Le sommet est le début d’une grande démarche. Ce que l’on souhaite maintenant, c’est un engagement de la part des municipalités pour que ceci devienne un point de départ de mesures qui entraîneront nos régions à se développer à leur pleine mesure et à leurs pleines capacités», exprime le président de l’AFMNB, Roger Doiron.

«Chaque région est différente, avec ses propres particularités et besoins, mais il faut absolument travailler ensemble. On doit aussi pouvoir compter sur l’appui du gouvernement afin qu’un tel projet puisse se réaliser. C’est pourquoi aujourd’hui, avec ce sommet, on tend la main au gouvernement pour qu’il mette sur pied une véritable politique sur le développement des régions. J’ose croire qu’à la fin de ce weekend, tout le monde – le gouvernement compris – sera prêt à embarquer et à aller plus loin», a souhaité M. Doiron.

Le souhait de ce dernier n’est d’ailleurs pas passé inaperçu. Présent sur place, le vice-premier ministre du Nouveau-Brunswick, Paul Robichaud, a promis que le rapport et les recommandations qui émaneront du sommet n’amasseront pas la poussière sur les tablettes.

«Ce sommet est un exercice extrêmement sérieux et important, notre gouvernement va prendre en considération les résultats de cette rencontre et ses recommandations. Je m’attends déjà à des idées innovatrices visant à dynamiser les régions», a-t-il indiqué

Au moment de mettre sous presse, le sommet se poursuivait avec un panel de discussions portant sur les défis et perspectives des régions. L’événement se poursuivra toute la journée samedi.

«AIDE-TOI, CAR LE CIEL NE T’AIDERA PAS»

La tâche de donner le coup d’envoi au sommet a été confiée à l’économiste, auteur et journaliste Alain Dubuc. Dans une conférence intitulée «Comment lutter contre l’immobilisme», celui-ci a longuement invité les communautés à se prendre en main afin d’assurer leur développement, un message – il va de soi – qui cadre parfaitement avec la vision des organisateurs.

Parmi les éléments de son allocution, M. Dubuc a noté que ce besoin de prise en charge était non seulement souhaitable, mais bien nécessaire en raison de l’effritement de l’État-providence. «Ottawa et Fredericton n’ont plus d’argent. Les régions ne peuvent plus se fier à eux pour éponger la facture. Le développement doit donc venir de la base, des régions. On doit réécrire le dicton et dire désormais: “aide-toi, car le ciel ne t’aidera pas”. Les régions dynamiques, qui réussissent bien, sont généralement celles où il y a eu des initiatives locales. Pour que ça fonctionne, ça doit venir de la racine», a-t-il lancé au public.

Il a rappelé à maintes reprises que l’immobilisme n’est pas une solution.

«Ne rien faire, c’est démissionner», souligne-t-il.

Selon lui, les gouvernements ont néanmoins un rôle important à jouer, à commencer par offrir plus de pouvoir aux régions.