Sommet sur le développement régional: la parole donnée aux participants

DALHOUSIE – Quelle devrait être la place du gouvernement dans le développement régional? Quelle est la meilleure façon de maximiser ce développement? Quelle est la plus grande richesse d’une région?

Dans le cadre du premier Sommet sur le développement régional organisé par l’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick (l’AFMNB), les participants ont été invités à se prononcer ces enjeux et plusieurs autres.

L’AFMNB a sondé de façon électronique les participants au sommet afin de connaître leur position sur le développement régional.

À l'aide d'une manette électronique, les participants ont été sondés sur plusieurs enjeux. - Acadie Nouvelle : Jean-François Boisvert
À l’aide d’une manette électronique, les participants ont été sondés sur plusieurs enjeux. – Acadie Nouvelle : Jean-François Boisvert

«On a repris une formule qu’on utilise déjà lors de notre congrès annuel. Ça nous permet de poser des questions afin de tâter le pouls des participants sur la façon dont le développement économique devrait se faire, sur quelles directions privilégier. Leurs réponses vont certainement contribuer au travail que nous allons entreprendre après le sommet», explique Frédérick Dion, directeur général de l’AFMNB.

À l’aide d’une manette électronique, les participants étaient ainsi invités à exprimer leurs préférences sur une douzaine des questions, de façon individuelle d’abord et puis collective.

«Le vote est souvent différent lorsqu’il s’agit d’une décision de groupe, lorsqu’il faut se parler pour atteindre un équilibre, un consensus», précise M. Dion.

Les délégués ont notamment été interrogés sur leur perception de l’état financier de la province. Dans une forte proportion, ceux-ci ont dit estimer que la situation était difficile, mais pas catastrophique. Un résultat qui a d’ailleurs fait réagir.

«Je crois que ça revient tout simplement à se mettre la tête dans le sable», a lancé à la foule une participante, visiblement plus inquiète que la majorité sur l’état des finances provinciales.

Selon ce sondage, le plus grand défi au développement de la province serait l’accès à de la main-d’oeuvre et l’analphabétisme. La majorité des répondants estime aussi que les municipalités et les régions devraient jouer le rôle de facilitateur au niveau du développement économique, sorte de compromis entre l’interventionnisme agressif et la déresponsabilisation totale.

Pour ce qui est du rôle de la province au niveau du développement économique, on s’entend pour dire que celle-ci devrait établir des lignes directrices avant de donner aux régions les outils nécessaires pour prendre leur développement en main.

Le sondage démontre également que les (toutes jeunes) Commissions de services régionaux ont la côte au sein des élus, les personnes sondées estimant en effet que ces dernières devraient se voir confier un rôle accru au niveau du développement économique local et régional.

En fin, les délégués sont également d’avis que la première chose à faire pour favoriser le développement des régions serait d’établir une politique en ce sens, soit une politique leur permettant de faire du développement.

Combattre la dénatalité pour accroître le développement

Dans le cadre du Sommet sur le développement des régions, les participants ont pu s'exprimer sur différents enjeux par l'entremise d'un sondage. - Acadie Nouvelle: Jean-François Boisvert
Dans le cadre du Sommet sur le développement des régions, les participants ont pu s’exprimer sur différents enjeux par l’entremise d’un sondage. – Acadie Nouvelle: Jean-François Boisvert

La grande majorité des répondants au sondage a indiqué que la plus grande richesse d’une région était son capital humain.

Ironiquement – compte tenu de la période de décroissance démographique et de dénatalité qui vident littéralement certaines régions –, peu ont toutefois jugé pertinent de suggérer l’établissement d’une politique familial comme outil pour favoriser le développement. Dans le sondage, cette option peine à se tailler une place parmi les premières places. La mise sur pied d’une politique régionale, la pleine municipalisation, la recherche et le développement ainsi que l’investissement dans les infrastructures arrivent bien en avance dans les suggestions de la foule.

Qu’à cela ne tienne, en dépit de son impopularité, c’est pourtant l’idée de la création d’une politique familiale qui a surtout fait réagir le public après l’exercice.

«Le Nouveau-Brunswick est l’une des provinces avec le plus faible taux de natalité au pays et nous n’avons aucune politique familiale pour aider les jeunes couples. Ça peut leur coûter plus de 300 $ par semaine pour faire garder leurs enfants. Ils travaillent donc uniquement pour payer leur gardienne. C’est loin d’être un incitatif à faire plus d’enfants ça, donc à repeupler nos régions. Ça nous prend des jeunes pour avancer», a souligné un intervenant dans la salle, estimant qu’il serait peut-être temps de penser à établir une politique familiale dans la province.

Le maire de Balmoral, Charles Bernard, abonde dans la même direction. «Je suis vraiment surpris que la politique familiale ait obtenu un si faible appui. Le Québec a agi en ce sens et ça fonctionne. Le Nouveau-Brunswick aurait peut-être intérêt à imiter son voisin», note-t-il.

«Je vois de jeunes qui, malgré de bons salaires, ont de la difficulté à payer pour envoyer leurs deux enfants à la garderie. Avoir des incitatifs financiers pour le troisième enfant ou encore de l’argent pour les garderies, ça aiderait certainement. Et c’est peut-être à nous (l’association) d’en faire la suggestion, car c’est un sujet qui est sur la table depuis longtemps, mais il n’avance pas», a pour sa part indiqué la conseillère Louise Blanchard de Caraquet.