Gaz de schiste: SWN souhaite rassurer les opposants

MONCTON – SWN Ressources a l’intention de poursuivre ses activités d’exploration afin de trouver du gaz de schiste dans le sous-sol néo-brunswickois l’année prochaine, malgré l’opposition féroce de certains opposants.

L’entreprise compte le faire tout en s’attendant à d’autres manifestations.

Chad Peters, directeur de l’exploration chez SWN Resources au Nouveau-Brunswick, a parlé de l’industrie du gaz de schiste dans la province à une centaine de membres de la Chambre de commerce du Grand Moncton, lundi matin.

Les activités de SWN reprendront en 2015. Il y aura du forage, mais pas de fracturation hydraulique, selon le porte-parole de l’entreprise gazière.

En octobre 2013, à Rexton, dans le comté de Kent, SWN a fait face à une importante opposition. Un barrage érigé par des manifestants antigaz de schiste a mené à une imposante confrontation entre policiers et opposants.

SWN ne s’attend pas à ce que les manifestations cessent. La compagnie a néanmoins l’intention de se faire plus transparente dans le but de les amoindrir.

«Nous pensons qu’au fur et à mesure que les gens entendent de la bonne information sur ce que nous proposons, cela diminue le nombre de manifestations. Nous ne croyons cependant pas une minute que les manifestations arrêteront complètement», a reconnu M. Peters.

Il dit se soucier de la sécurité de son personnel.

«Il faut s’assurer que les gens manifestent d’une façon sécuritaire et légale, tout en respectant les citoyens de l’endroit. Nous nous inquiétons pour nos travailleurs. Nous voulons nous assurer qu’ils peuvent faire leur travail dans un milieu sécuritaire», a indiqué M. Peters.

Encore mardi matin, des manifestants ont déployé une banderole devant l’hôtel Delta Beauséjour, où M. Peters a offert sa conférence. On pouvait y lire «L’investissement toxique de SWN».

À long terme, SWN croit pouvoir avoir un impact positif sur l’économie néo-brunswickoise en embauchant des travailleurs de la région et en retenant les services de fournisseurs locaux.

«ÇA ME REND NERVEUSE»

Amy Richard est inquiète. Elle n’a pas obtenu toutes les réponses qu’elle cherchait, mardi matin, lors de l’allocution d’un représentant de SWN Resources, qui veut extraire du gaz de schiste du sous-sol de sa région.

Le directeur de l’exploration au Nouveau-Brunswick, Chad Peters, s’est exprimé devant la communauté d’affaires du Grand Moncton, mardi, sur les activités de l’entreprise prévues en 2015.

Le père de Mme Richard habite à moins de 2 km d’un futur puits exploratoire à Galloway, dans le comté de Kent, en plus de posséder une maison d’été à environ 3 km de la plateforme de forage. Elle voulait en connaître davantage sur le procédé de forage.

«Le processus de forage prend 90 jours, pas nécessairement consécutifs parce que nous devons construire une plateforme pour le puits. La foreuse arrive ensuite. De là, selon ce qu’on trouve, ça peut prendre de quatre à sept semaines», a répondu M. Peters.

Le représentant de la compagnie gazière a également affirmé que des activités se dérouleront sur les sites 24 heures sur 24, sept jours sur sept. L’entreprise aurait mené des tests pour s’assurer que le bruit affecte le moins possible les résidants du secteur.

«Nous avons effectué des tests afin de savoir à quelle distance une personne doit être pour entendre le bruit. Nous sommes sûrs que les gens demeurent assez loin du site et que l’impact sera minime», a expliqué M. Peters.

De plus, les allers-retours des camions seront coordonnés pour éviter les heures de grand achalandage sur les routes.

«Nous ne le ferons pas pendant les heures où le trafic est dense. Nous serons conscients des heures où les gens voyagent pour ne pas remplir les routes de camions», a-t-il indiqué.

Mme Richard n’est pas restée totalement sur sa faim en matière d’explication, mais à long terme, elle demeure néanmoins inquiète.

«C’est bien de savoir qu’il n’y aura pas de fracturation hydraulique à cette étape. Ça me rend tout de même nerveuse à long terme en raison des dangers qu’il peut y avoir, surtout dans ce secteur où les gens s’alimentent en eau dans des puits. Ce qu’ils font dans le sol pourrait affecter leurs puits», a-t-elle avoué à l’Acadie Nouvelle.

À long terme, SWN Resources ne sait pas s’il y aura suffisamment de  gaz à extraire. Les forages exploratoires serviront justement à le déterminer. Le gaz de schiste est obtenu par la fracturation hydraulique, en mélangeant de l’eau à des produits chimiques pour fracasser la pierre.

«Nous pensons avoir trouvé les roches. Nous pouvons toutefois être dans l’erreur. Il y a encore certaines choses que nous ne savons pas encore. Premièrement, de quel genre de roche s’agit-il? Est-ce du granite ou du schiste? Nous ne savons pas non plus s’il y a de l’huile ou du gaz dans ces roches», a souligné M. Peters.

S’il s’agit de granite, ça pourrait sonner la fin de l’exploration.

À LA RECHERCHE DE TRAVAILLEURS, D’ENTREPRENEURS ET D’ÉQUIPEMENT SPÉCIALISÉ

En 2015, SWN Ressources devrait procéder à quatre forages exploratoires dans les comtés de Queens et de Kent au Nouveau-Brunswick. Des entrepreneurs sont recherchés pour mettre la main à la pâte.

SWN Ressources aura besoin de travailleurs et d’équipement spécialisé pour effectuer ses travaux. Cela va du fournisseur de toilettes portables à la machinerie lourde.

Cependant, chaque entrepreneur et chaque fournisseur de services devront passer à travers un processus de sélection rigoureux avant d’être retenus.

Les entrepreneurs qui souhaitent obtenir un contrat avec SWN Ressources doivent s’enregistrer sur le site web de l’entreprise (www.swnnb.ca). Seules les entreprises qui soumettront leurs renseignements pourront être considérées.

«L’enregistrement ne garantit pas que vous allez obtenir du travail. Mais il est garanti que si vous ne vous enregistrez pas, vous n’obtiendrez pas de travail», a expliqué Chad Peters, directeur de l’exploration au Nouveau-Brunswick pour SWN Ressources.

De plus, chaque entreprise fera l’objet d’un processus de vérification anticorruption avant l’embauche.