Services dans les deux langues: le gouvernement doit en faire plus

FREDERICTON – La commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick exhorte le gouvernement d’en faire davantage pour améliorer l’offre de services bilingues dans la province.

Dans le premier rapport annuel de son mandat de sept ans, dévoilé mardi après-midi à Fredericton, Katherine d’Entremont se penche sur le bilinguisme dans plusieurs secteurs de la fonction publique provinciale. Une constante se dessine, selon elle; le gouvernement n’en fait pas assez et manque de rigueur.

Elle estime que c’est l’une des raisons pour lesquelles beaucoup de chemin reste à faire, 45 ans après l’adoption de la première Loi sur les langues officielles. L’encadrement législatif des langues officielles est un contrat social qui est parfois oublié, dit-elle.

«Ce contrat repose sur des valeurs qui ne peuvent que faire l’unanimité parmi tous les citoyens: égalité, respect et épanouissement. Or, 45 ans plus tard, le Nouveau-Brunswick ne respecte toujours pas pleinement les termes de ce contrat. Pour les respecter, le gouvernement devra faire preuve de beaucoup plus de rigueur.»

Au cours des derniers mois, la commissaire et son équipe ont mené une étude afin de mieux comprendre le recrutement et la gestion des employés dans la fonction publique.

«Celle-ci révèle de sérieuses lacunes en ce qui a trait notamment à la détermination des besoins en personnel bilingue, au niveau requis de compétences en langue seconde, au processus de recrutement d’employés bilingues et à l’efficacité de la formation linguistique pour les fonctionnaires.»

Cette gestion des ressources humaines a des conséquences réelles, notamment d’empêcher certains Néo-Brunswickois d’être servis dans la langue de leur choix.

Selon la commissaire, les problèmes constatés ne datent pas d’hier, puisque le gouvernement gère ses effectifs à peu près de la même manière depuis environ 25 ans.

«Ce système a vu le jour à la fin des années 1980 et n’a pas vraiment été transformé à de nombreuses reprises depuis. Il est temps de regarder le système et de se demander s’il fonctionne vraiment comme il le devrait. Les problèmes que nous avons identifiés ne sont pas récents. Ils sont là depuis quelque temps.»

Des défis sont aussi présents dans le système de soins de santé. Katherine d’Entremont se dit préoccupée par les résultats d’un sondage réalisé en 2010 et en 2013 par le Conseil de la santé du Nouveau-Brunswick. Ce sondage révèle des lacunes dans la prestation de services bilingues, surtout dans le Réseau de santé Horizon, qui gère les établissements dans les régions anglophones de la province.

«Se faire soigner dans la langue de son choix au Nouveau-Brunswick ne doit pas être l’exception, mais la règle», dit-elle dans son rapport.

La commissaire remarque également que le plan sur les langues officielles 2011-2013 du gouvernement provincial a entraîné bien peu de changements.

«Ce plan de mise en œuvre de la Loi sur les langues officielles renferme d’importantes mesures visant à assurer un meilleur respect de la loi et du principe d’égalité des deux communautés linguistiques officielles. Or, un an après son échéance initiale, l’écart entre les engagements du plan et les résultats concrets est encore considérable.»

UN RAPPORT BIEN ACCUEILLI PAR LE GOUVERNEMENT

Le vice-premier ministre du Nouveau-Brunswick, Paul Robichaud, voit d’un bon œil le rapport de la commissaire aux langues officielles.

Selon lui, ce document ne comporte pas de surprises et va dans le même sens que les objectifs du gouvernement en matière de bilinguisme.

«Notre objectif, comme de raison, c’est toujours d’améliorer les services dans les deux langues officielles, c’est toujours de s’assurer que les gens du Nouveau-Brunswick peuvent avoir accès aux services gouvernementaux dans la langue de leur choix», dit-il.

Paul Robichaud voit ce rapport comme un outil qui aidera le gouvernement provincial.

«Il y a toujours place à l’amélioration et nous regardons les recommandations qu’elle nous remet aujourd’hui comme étant des pistes. Ces pistes nous aideront à faire en sorte que les gens du Nouveau-Brunswick puissent avoir les services dans la langue de leur choix.»

Il se dit aussi encouragé par les commentaires de la commissaire, qui dit dans son rapport que les gouvernements fédéral et provincial doivent en faire davantage pour augmenter l’immigration francophone au Nouveau-Brunswick.

«Ça, pour nous, c’est de la musique à nos oreilles. Nous sommes à la veille d’annoncer notre politique d’immigration et nous allons non seulement lancer une politique d’immigration, mais nous allons avoir des cibles très précises au niveau de l’immigration francophone.»