Le prix Acadie-Québec remis à Jacques Savoie et Phil Comeau

MONCTON – Si Jacques Savoie et Phil Comeau ont quitté l’Acadie, il y a 30 ans, l’Acadie est demeurée bien présente dans leur cœur et dans leurs œuvres. La remise du prix Acadie-Québec à ces deux artistes témoigne aussi de la créativité acadienne qui rejoint de plus en plus la belle province.

Amis, familles, élus, représentants d’organismes et artistes se sont retrouvés mardi à l’occasion d’une réception à Moncton pour la Fête nationale du Québec et pour remettre le prix Acadie-Québec. Décerné par la Commission permanente de concertation entre l’Acadie et le Québec, cet honneur souligne le parcours remarquable du cinéaste Phil Comeau et de l’auteur et scénariste, Jacques Savoie, tout en saluant leur contribution au rapprochement des deux cultures.

«Je suis touché et très honoré de recevoir ce prix-là. Pour moi, ça ferme une boucle dans le sens que s’il y a 20 ans, il y a eu des malaises par rapport à des Acadiens qui faisaient leur métier d’artiste au Québec, ces malaises n’existent plus maintenant. On voit avec la jeune génération, les Lisa LeBlanc, Radio Radio, que les gens sont fiers de ça. Maintenant, les Québécois nous adoptent plus vite que leurs propres artistes», a exprimé Jacques Savoie.

Depuis 30 ans, M. Savoie fait constamment des allers-retours entre le Québec et l’Acadie. Dans ses romans (Une mort honorable) comme dans ses scénarios de séries dramatiques et de films (Les portes tournantes), l’auteur natif d’Edmundston intègre souvent des références à l’Acadie qu’il porte par sa plume depuis plus de 30 ans.

Il rappelle que la culture n’a pas de frontières.

«Je crois que la culture va au-delà des frontières. Ce sont les politiques qui déterminent les frontières. Quelque part, si la santé des francophones hors Québec est bonne, c’est bon pour le Québec», a-t-il poursuivi.

Phil Comeau qui cumule les bonnes nouvelles depuis quelque temps, accueille avec grand plaisir cette récompense.

«Avant qu’il ne reçoive un oscar, il mérite pleinement qu’on lui remette le prix Acadie-Québec!», a déclaré le chef de poste du Bureau du Québec, Richard Barrette qui préside la Commission avec René Légère de la Société nationale de l’Acadie.

Ayant 100 réalisations à son actif, le cinéaste natif de la Baie-Sainte-Marie a dirigé la première coproduction Acadie-Québec, Le Secret de Jérôme, il y a 20 ans. Quand il a quitté Moncton, en 1982, c’était à la suite de la fermeture temporaire de l’ONF.

«Je n’avais plus de choix, si je voulais continuer à faire des films, il fallait que j’aille à Montréal où il y avait plus d’opportunités», a raconté Phil Comeau qui partage sa vie entre les deux endroits.

Sa filmographie est fortement teintée par l’Acadie. On a qu’à penser à la série Les Acadiens du Québec, La Sagouine et Ron Turcotte, jockey légendaire primé plusieurs fois et finaliste pour le meilleur documentaire canadien aux Prix de la Guilde des réalisateurs.

«On dit souvent que les gens qui quittent leur pays sont encore plus nationalistes et patriotiques que ceux qui restent sur place. Je m’ennuie aussi beaucoup de l’Acadie, mais ça serait difficile pour moi de vivre toujours ici si je veux pouvoir faire des films», a ajouté Phil Comeau, rappelant que le Québec est le principal partenaire de l’Acadie dans le domaine du cinéma.

Selon René Légère, les échanges entre l’Acadie et le Québec sont à un niveau inégalé depuis 30 ans surtout dans le domaine culturel, citant en exemple Lisa LeBlanc qui se produit au spectacle de la Fête nationale du Québec et le Québécois Louis-Jean Cormier qui sera sur la scène d’Acadie Rock le 15 août à Moncton.