Arthur: la facture s’annonce salée

CARAQUET – Les intempéries de samedi ont frappé certaines régions de la province avec une force jamais vue depuis plusieurs dizaines d’années. La facture pourrait elle aussi rester dans les annales.

Les travaux de nettoyage se poursuivent mardi dans les régions de la Péninsule acadienne, de Fredericton et de Saint-Jean, les plus touchées par les grands vents, qui ont atteint 100 km/h à certains endroits, et les pluies diluviennes, qui ont déversé jusqu’à 140 mm à St. Stephen.

Les coûts des réparations risquent d’être élevés puisque des infrastructures ont été touchées, surtout le réseau électrique. Énergie NB, le gouvernement provincial et certaines municipalité auront une facture salée.

Ce ponceau n'a pas résisté aux fortes pluies, sur la route 105 entre Florenceville-Bristol et Bath. - Twitter: Derek Anderson
Ce ponceau n’a pas résisté aux fortes pluies, sur la route 105 entre Florenceville-Bristol et Bath. – Twitter: Derek Anderson

À Caraquet, les réparations vont durer encore au moins une journée de plus avec notamment le nettoyage de la piste cyclable où plusieurs arbres sont tombés. C’est dire qu’il est encore trop tôt pour dresser un bilan définitif des coûts engendrés par cette tempête estivale avec son cocktail de vent et de pluie.

Le directeur général de la Ville de Caraquet, Marc Duguay, ne veut pas encore trop s’avancer dans les estimations.

«On n’a pas encore pu évaluer comme il faut le coût, mais je peux vous dire que ça va coûter cher, c’est certain. Il y a eu beaucoup de travaux de faits, les équipes ont travaillé jusqu’à tard dans la journée de samedi et ont recommencé très tôt dimanche pour terminer dimanche à 5 h avec des employés exténués. Il a fallu engager des sous-traitants pour enlever les gros morceaux de bois. Oui, il y aura un coût à cette tempête extraordinaire, mais on n’a pas encore le montant exact. C’est plus qu’une tempête hivernale.»

Les employés municipaux ont travaillé d’arrache-pied tout au long de la fin de semaine avec des consignes précises pour dégager les routes des arbres qui étaient tombés au sol.

«Les équipes des travaux publics avaient le mot d’ordre d’intervenir sur les arbres tombés sur la route. La mission de la municipalité est de faire en sorte que les routes principales et secondaires sont praticables», rappelle Marc Duguay.

La violence de la tempête l’a surpris et il n’est pas le seul.

«J’ai parlé à des gens qui sont à Caraquet depuis 50 ans et ils n’avaient jamais vu ça. C’était la tempête parfaite parce que la pluie abondante a fait en sorte que le sol soit plus friable, les racines étaient moins prises dans le sol, la pluie a préparé le terrain au vent qui est arrivé et qui a déraciné plusieurs dizaines d’arbres, des arbres qui étaient assez solides. On ne pensait pas qu’ils allaient tomber.»

Reste maintenant à savoir si cette situation exceptionnelle est appelée à se répéter plus fréquemment et s’il ne faudrait pas agir en conséquence. La Ville de Caraquet a par exemple un arrêté municipal sur le patrimoine qui protège les arbres centenaires dont plusieurs se sont retrouvés à terre samedi, avec fort heureusement des dégâts relativement limités et surtout aucun blessé. L’élagage majeur réalisé ces dernières années sur le boulevard Saint-Pierre n’y est certainement pas étranger.

«Oui, on a un arrêté sur le patrimoine qui protège les arbres centenaires», confirme Marc Duguay sans pouvoir encore affirmer s’il va être modifié ou conservé.

«Je me penche sur la question, mais la tempête a eu lieu samedi, on est encore dans le ramassage, je pense qu’il est trop tôt pour dire ce qui va être fait. Mais, il y aura sûrement une réflexion de la part de tous les intervenants dans ce dossier-là. On n’a pas connu de tempêtes comme ça depuis 40-50 ans, si la prochaine tempête est seulement dans 40 ans c’est bien, mais si à cause des changements climatiques elle peut avoir lieu dans un mois ou six mois il doit y avoir une réflexion et elle aura lieu au niveau du conseil municipal.»

En attendant, l’heure est toujours au nettoyage et la Ville prévoit d’organiser une collecte des branches sur le territoire municipal d’ici la fin de la semaine ou au début de la semaine prochaine.

Plusieurs arbres ont été déracinés par le vent, au Golf Pokemouche. - Gracieuseté
Plusieurs arbres ont été déracinés par le vent, au Golf Pokemouche. – Gracieuseté

AILLEURS DANS LA PÉNINSULE

Si Caraquet a été la municipalité la plus durement touchée par la tempête, Arthur a fait aussi des dégâts ailleurs dans la Péninsule. C’est notamment le cas du côté du golf de Pokemouche où les intempéries ont obligé les organisateurs de la Classique Luc Bourdon à reporter l’épreuve prévue dimanche dernier qui a été reprogrammée pour samedi 12 juillet. Le golf devrait rester fermé jusqu’à mercredi, annonce le responsable du site, Gerald Kenny.

«Beaucoup d’arbres sont tombés dans les sentiers, peut-être une cinquantaine. Mais il n’y a pas eu de dégâts sur les départs et sur les verts. Nos lacs ont débordé, mais sans briser les sentiers», explique Gerald Kenny. Il précise que les travaux avancent bien grâce aux équipes sur le terrain.

«Il y a nos travailleurs et aussi des bénévoles, une dizaine d’entre eux sont venus nous trouver avec des scies et des quatre roues. Mercredi, on devrait être opérationnel.»

À Paquetville, plusieurs arbres ont été arrachés surtout dans le secteur du cimetière sans que pour autant des pierres tombales soient endommagées. Du côté de Lamèque, aucun dégât majeur n’est à signaler, hormis plusieurs arbres arrachés et la grande pancarte à l’entrée de la ville qui n’a pas résisté aux assauts du vent.