Des milliers de dollars de pertes dans les épiceries

CARAQUET – Les pannes de courant causées par le passage d’Arthur ont eu des conséquences désastreuses pour plusieurs épiceries de la Péninsule qui ont dû jeter des milliers de dollars de denrées périssables.

Des présentoirs réfrigérés vides de toute viande ou de tout produit laitier, des armoires des produits surgelés sans la moindre boîte sur les rayons, l’image est frappante et semble sortie tout droit d’un pays en guerre ou en récession économique. C’est cette image qu’offraient plusieurs épiceries de la Péninsule acadienne après le passage d’Arthur.

Les commerces n’ont pas été dévalisés par les consommateurs, mais ils ont dû jeter des quantités importantes de nourriture devenue impropre à la consommation après 30 heures et plus sans courant.

C’est le cas par exemple à l’épicerie Pointe Rocheuse de Caraquet, à la succursale de Maisonnette de la Coop de Caraquet ou encore à la Coopérative de Paquetville. Ces deux dernières épiceries n’ont rouvert leurs portes que mardi matin après une journée entière consacrée par les employés à vider les rayons et à jeter toutes les denrées périssables.

«Le bilan est très lourd», témoigne mardi Line Cormier, la gérante de l’épicerie Pointe Rocheuse, alors qu’elle pèse les morceaux de viande qui étaient stockés dans la chambre réfrigérée, et qui n’avait de réfrigéré que le nom cette fin de semaine pendant les intempéries.

Elle réalise un inventaire filmé de ses pertes pour son assurance. Le commerce a été privé de courant samedi et n’a vu la lumière revenir que dans la nuit de dimanche à lundi.

«Nous n’avons pas eu d’électricité pendant 30 heures, c’est très long. On a pu avoir par des amis une génératrice dimanche, mais le mal était déjà fait. J’ai parlé lundi avec le ministère de la Santé pour avoir plus d’information et on m’a dit que les réfrigérateurs à aire ouverte, après six heures sans électricité, c’est une perte totale. On a aussi perdu tous les produits laitiers et les produits congelés.»
Les pertes sont importantes pour l’épicerie qui est heureusement assurée et peut espérer une indemnisation.

«On a perdu plusieurs milliers de dollars, pour l’instant je pense que c’est de 15 à 20 000 $, mais c’est approximatif», évalue la gérante qui attendait la venue d’un évaluateur de sa compagnie d’assurances.

«Je ne sais pas si la compagnie va tout couvrir ou seulement une partie», poursuit-elle alors que d’autres employés s’affairent à nettoyer les rayons pour y déposer les nouvelles marchandises.
La scène est identique à la succursale de la Coop de Caraquet qui est située à Maisonnette. Là aussi, le courant a manqué sur une longue période, plus de 30 heures. En l’absence de génératrice et en plein été, les aliments frais ont été rapidement corrompus.

«Les employés sont rentrés lundi pour enlever tous les produits périssables, viandes, lait, charcuteries», explique Alice Haché la gérante des épiceries de Maisonnette, mais aussi de celles de Saint-Léolin et Sainte-Marie-Saint-Raphaël qui n’ont pas connu les mêmes difficultés en lien avec les intempéries.
«Maintenant, on a du lait frais et mon transfert de Caraquet vient d’arriver avec les viandes», poursuit-elle.

La directrice générale de la Coop de Caraquet, Nathalie Duguay, reconnaît que «les pertes sont considérables».

«On est en train de faire les calculs, mais j’estime ça à plusieurs milliers de dollars», indique-t-elle.
La présence d’une génératrice à Caraquet a permis à la Coop de pallier le manque d’électricité. L’entreprise compte bien tirer les leçons du passage d’Arthur.

«On va étudier la possibilité d’équiper tous nos points de service de génératrices au cas où ça se reproduirait pour éviter les pertes», explique Nathalie Duguay.

La Coopérative de Paquetville a dû, elle aussi, jeter beaucoup de nourriture périssable après 31 heures sans électricité. Son responsable Jacques Vienneau évaluait provisoirement mardi les pertes à «plusieurs milliers de dollars».

L’épicerie Pointe Rocheuse de Caraquet a été privée de courant pendant 30 heures. Sa gérante Line Cormier a dû jeter énormément de denrées. Ci-dessus, on la voit en train de peser la viande avariée, pour des fins d’assurances. - Acadie Nouvelle: Pierre Leyral
L’épicerie Pointe Rocheuse de Caraquet a été privée de courant pendant 30 heures. Sa gérante Line Cormier a dû jeter énormément de denrées. Ci-dessus, on la voit en train de peser la viande avariée, pour des fins d’assurances. – Acadie Nouvelle: Pierre Leyral