Génératrice ou pas, les foyers ont dû se débrouiller

CARAQUET – Si les foyers de soins agréés sont tenus de posséder une génératrice pour pallier les coupures de courant, la province du Nouveau-Brunswick ne l’exige pas des résidences privées des niveaux 1 et 2 qui accueillent des personnes âgées.

«Ce qu’on nous demande, c’est d’avoir un plan d’évacuation en cas d’urgence», explique Marc Léger de l’Association francophone des établissements de soins spéciaux du Nouveau-Brunswick.

Il n’y aucune obligation pour ces établissements de posséder une génératrice qui fournirait de l’électricité en cas de coupures de courant comme celles qui sont intervenues dans le sillage de la tempête Arthur.
«Le plus important est d’avoir un plan pour les situations d’urgence, que ce soit une inondation ou une coupure de courant, et de savoir où emmener nos clients pour les mettre en sécurité (…) Est-ce que c’est une bonne idée d’avoir une génératrice? Oui. Est-ce que c’est dispendieux? Oui.»

Rares sont les foyers privés qui disposent d’une génératrice pour assurer la production d’eau chaude ou encore pour cuisiner les repas pendant une coupure de courant. La Résidence St-Pierre qui accueille une quarantaine de personnes âgées n’en a pas, mais pense à s’en équiper sous peu.

«Une génératrice, c’est quelque chose qui va arriver dans un très proche futur», confirme Marc-André Boudreau, le responsable du foyer qui accueille des personnes âgées semi-autonomes.

Le projet existait avant cet été et la coupure de courant qui a duré plus de 24 heures à Caraquet.
L’objectif est de pouvoir «assurer la lumière et la chaleur dans une pièce commune», poursuit-il.
Sans électricité, durant la dernière fin de semaine, la Résidence St-Pierre s’est adaptée.

«On n’a pas eu de problèmes ni de plaintes. Les gens étaient rassemblés dans une pièce principale, ils ont bien passé ça quand même», assure Marc-André Boudreau.

Il rappelle lui aussi que «les normes ne (les) obligent pas à avoir une alimentation d’urgence comme c’est le cas des foyers gouvernementaux de niveaux 3 et 4».

«Pour avoir la licence, les foyers de soins doivent avoir un plan d’urgence et une source secondaire d’alimentation électrique», confirme la ministre du Développement social Madeleine Dubé.

Cette alimentation d’urgence équipe par exemple la Villa Beauséjour, un foyer de soins agréé de Caraquet. Ses pensionnaires ne se sont presque pas rendu compte de la coupure de courant, assure son administrateur Roger Landry.

«Les génératrices ont démarré, elles couvrent le bâtiment au complet. Depuis l’air conditionné jusqu’à la cuisine et la buanderie, tout a fonctionné normalement. Cela s’est très bien passé. Des génératrices sont installées dans tous les nouveaux foyers de soins et même les anciens foyers ont été équipés ces deux ou trois dernières années.»

C’est une nécessité pour ces foyers qui accueillent des personnes âgées qui ont parfois besoin d’appareils médicaux qui fonctionnent à l’électricité.

«Même si c’est moins grave en été qu’en plein mois de janvier, ça prend une génératrice», considère Roger Landry. Mais il sait bien aussi qu’une alimentation de secours, pour couvrir un établissement comme le sien, est dispendieuse, autour de 100 000 $.

Ces foyers font de toute façon partie des clients prioritaires d’Énergie NB qui est tenue de les rebrancher en premier.

«La priorité, ce sont les services d’urgence, la deuxième ce sont les personnes atteintes de problèmes médicaux et la troisième, c’est de rétablir le plus gros groupe de clients sans courant», détaille Meghan Gerrish du service communication d’Énergie NB. Les foyers de soins agréés sont considérés par Énergie NB en tant que services d’urgence, au même titre que les hôpitaux, les services ambulanciers ou les services d’incendie.