100 000 $ pour la clinique Morgentaler

FREDERICTON – Un groupe de citoyens amasse plus de 100 000 $ en moins de deux semaines pour la clinique Morgentaler de Fredericton. La seule clinique privée d’avortement des Provinces maritimes n’est cependant pas encore sortie du bois.

Le collectif Justice reproductive NB a lancé sa campagne de sociofinancement sur le web au début du mois. Ses membres s’étaient donné un mois pour recueillir auprès du public les 100 000 $ nécessaires afin de louer la clinique et l’équipement médical qui s’y trouve.

«C’est merveilleux. Le soutien que nous avons reçu de partout au pays est très impressionnant. C’est incroyable. Nous sommes vraiment touchés», a indiqué à l’Acadie Nouvelle, mercredi, une porte-parole de Justice reproductive, Simone Leibovitch.

Mme Leibovitch est également la directrice de la clinique Morgentaler.

L’établissement fondé il y a 20 ans par le docteur Henry Morgentaler doit fermer ses portes à la fin du mois en raison de problèmes financiers. L’interruption volontaire de grossesse y sera pratiquée pour la dernière fois, vendredi.

Malgré la somme amassée, 104 904 $ en fin de soirée mercredi, Justice reproductive n’a pas l’intention d’acheter la clinique ou même d’assurer son fonctionnement. L’argent servira seulement à «épargner le bâtiment», selon Mme Leibovitch.

«La clinique Morgentaler ferme à la fin juillet. Notre espoir, c’est que quelque chose d’autre naîtra. (Nous voulons) encourager les médecins pro-choix à prendre la clinique en main», a-t-elle indiqué.

La présidente du principal regroupement contre l’accès à l’avortement craint quant à elle que la clinique demeure ouverte.

«Je me méfie. Ils pourraient ne jamais fermer. Je pense que c’est seulement un coup de publicité pour attirer l’attention du gouvernement», a commenté Beth Crouchman de Droit à la vie Nouveau-Brunswick.

La province ne finance pas les avortements en clinique privée. Jusqu’à sa mort en 2013, le docteur Morgentaler avait l’habitude d’éponger de sa poche les déficits fréquents de sa clinique. Les responsables de l’établissement ont annoncé en avril qu’ils n’auraient bientôt d’autre choix que de cesser leurs activités.

Même si la clinique finissait par rouvrir, elle ne sera jamais qu’un pansement pour un problème beaucoup plus important, selon Justice reproductive NB. Le groupe souhaite que Fredericton abroge le règlement provincial 84-20 qui stipule qu’une femme doit obtenir la certification de deux médecins selon lesquels un avortement est médicalement nécessaire avant de pouvoir subir la procédure dans l’un des deux seuls hôpitaux autorisés du Nouveau-Brunswick.

Selon Mme Crouchman, le gouvernement devrait plutôt «aider les jeunes femmes aux prises avec une grossesse non prévue au lieu (de leur donner le moyen) de se débarrasser de l’enfant.»

«Je crois que l’on ne donne pas assez d’informations aux jeunes femmes pour leur permettre de prendre une décision éclairée», a confié la porte-parole de Droit à la vie Nouveau-Brunswick.

Une marche d’appui à la clinique suivie d’un rassemblement devant l’Assemblée législative est organisée vendredi par les Jeunes féministes de Fredericton. Un gala au bénéfice de la clinique est également prévu le 25 juillet dans un hôtel de la capitale provinciale.

Justice reproductive NB a l’intention de continuer ses efforts de collecte de fonds même s’ils ont atteint leur objectif initial.