Le groupe Newschaser abandonné par ses administrateurs

MONCTON – Les administrateurs du groupe Newschaser, qui a mené une vague de journalisme citoyen dans la région du Grand Moncton au cours des dernières années, ont décidé de mettre la clé dans la porte.

Le groupe Facebook, qui comptait jusqu’à mercredi soir plus de 40 000 membres, rapportait depuis quelques années sur son réseau social et sur Twitter des faits divers de la région du Grand Moncton.

Plusieurs membres alimentaient le réseau Newschaser en écoutant les radios des services d’urgence et en tournant des images des diverses situations qui pouvaient se produire dans la région.

Ray Richard a été l’instigateur du groupe, mais il a toujours décliné les demandes d’entrevue au sujet de Newschaser. Trish Young était l’une des administratrices du groupe. Elle a annoncé sa fermeture mercredi soir.

«Aux fidèles admirateurs de Newschaser, comme le cliché le veut, le temps est maintenant venu. Ray et moi avons dévoué des années à ce groupe, mais nous avons aujourd’hui décidé d’arrêter afin de nous consacrer à d’autres intérêts», a-t-elle écrit sur la page du groupe mercredi soir.

«Nous avons montré ce qui peut être fait avec les médias sociaux et nous avons mené ce groupe pour donner à Moncton et à la région des nouvelles qui n’étaient pas rapportées ailleurs. Cette tâche est maintenant rendue pour nous comme de vieilles nouvelles. Adieu, au revoir et merci beaucoup, les amis», a-t-elle ajouté.

Immédiatement, les internautes ont déclenché une immense vague de commentaires. Ils ont été plus de 350 à remercier Mme Young et M. Richard pour leur «travail».

«Merci pour le temps que vous avez consacré à ce groupe. J’ai adoré lire les nouvelles. Je vais m’en ennuyer», a rédigé Rose Rommens.

En quelques heures, le nombre de membres du groupe est passé de 40 000 à 33 000, pour finalement être de 25 500, jeudi matin.

Lors de la tragédie du 4 juin à Moncton qui a coûté la vie à trois policiers, le groupe a essuyé des critiques d’internautes qui réagissaient à la demande des policiers de ne pas partager sur les réseaux sociaux de l’information sur l’opération policière.

Néanmoins, la GRC se refuse de confirmer si elle a joué un rôle quant au démantèlement du groupe.

«On ne peut dire si nous avons reçu un appel ou si nous menons une enquête spécifique parce que ça peut potentiellement identifier une victime d’un crime. Nous ne sommes donc pas en mesure de confirmer», a affirmé la gendarme Julie Rogers-Marsh.

Les administrateurs du groupe ont décliné toutes nos demandes d’entrevue concernant le phénomène Newschaser. Au cours de la journée, ils ont démantelé la page Facebook du groupe en excluant chaque membre un par un.

Le journalisme citoyen est là pour rester, pense l’AAJ

MONCTON – La popularité du groupe Newschaser a été si grande qu’il a inspiré plusieurs autres à faire de même à Fredericton, Miramichi et même dans les provinces voisines. Toutefois, l’information véhiculée dans ces groupes est parfois présentée comme étant des faits et souvent elle n’est pas traitée de façon professionnelle, remarque le président de l’Association acadienne des journalistes, Pascal Raiche-Nogue.

«Newchaser, bien qu’immensément populaire, ne pouvait pas remplacer le travail des journalistes professionnels. On y retrouvait parfois des informations non vérifiées sur des sujets très délicats. Le journalisme citoyen est probablement là pour rester, malgré la fin de Newschaser. Il faut vivre avec ça, mais cela ne remplacera jamais le travail des journalistes professionnels. Il est important que les gens qui s’informent à l’aide de ce genre de sites consultent plus d’une source d’information et utilisent leur esprit critique», a soutenu M. Raiche-Nogue. – PaL