Les artistes acadiens de plus en plus nombreux à être connus dans le monde

NDLR: Nous présentons aujourd’hui la première partie d’un dossier sur l’essor de la musique acadienne dans le monde.

MONCTON – Il y a 32 ans, des musiciens acadiens se rendaient en bloc pour la première fois en France; c’était à Larochelle dans le cadre de l’ouverture officielle de la maison de la culture de cette ville de la côte Atlantique. Depuis, les artistes de l’Acadie ont fait une percée significative sur la scène internationale.

De nos jours, c’est sur la route que la majorité des musiciens et les chanteurs font carrière, les ventes de disques et de chansons étant devenues un complément aux revenus des spectacles sur scène.

La présence des artistes acadiens de plus en plus importante dans de grands festivals en Europe comme à Lorient et à Spa, le récent succès de Caroline Savoie à l’émission The Voice en France et l’arrivée prochaine d’une quarantaine de professionnels de l’industrie musicale au Congrès mondial acadien témoignent de l’essor de l’exportation de la musique acadienne dans le monde, estime Marc Chouinard qui fait un survol de l’histoire de l’exportation de la musique acadienne dans un document qu’il a remis récemment à l’Acadie Nouvelle.

«Je pense que c’était important de faire le point sur le travail qu’un groupe de gens a accompli depuis le milieu des années 1980 quand on a commencé à exporter notre musique à l’extérieur des frontières de l’Acadie. On peut voir que cela a fonctionné et qu’il y a beaucoup de nos artistes qui ont l’opportunité d’aller en tournée en Europe et aux États-Unis», a déclaré Marc Chouinard.

Dans son document, il relate les débuts de l’exportation de la musique acadienne, en parlant, entre autres, d’Édith Butler, qui a représenté le Canada à l’Exposition universelle d’Osaka au début des années 1970, suivi ensuite du groupe Beausoleil-Broussard qui a entrepris des tournées en Europe en 1976.

Le violoniste Arthur LeBlanc a été le premier artiste acadien à se faire connaître sur la scène internationale en se produisant plus de 300 fois aux États-Unis et même à la Maison-Blanche en 1941. Au-delà des vedettes comme Roch Voisine et Natasha St-Pier, très populaires en Europe, d’autres artistes de l’Acadie peut-être un peu moins en vue, font également leur chemin sur la route de l’international.

Plus récemment, Lisa LeBlanc, les Hôtesses d’Hilaire, les Hay Babies, Vishten, Mélanie LeBlanc, la Virée, Caroline Savoie et bien d’autres tournent régulièrement en Europe.

À partir de 1997, avec la Semaine de la musique de la côte Est à Moncton, suivie de la première FrancoFête en Acadie et des liens créés entre des programmateurs d’événements européens comme Maurice Segall, la musique acadienne dans le monde a connu un nouvel élan.

LE TOURNANT DE 1994

Dans son document, Marc Chouinard indique que même si des artistes ont produit des enregistrements et organisé des tournées depuis les années 1970, il reste qu’un tournant dans la production est survenu en1994 (année du Congrès mondial acadien).

Depuis 20 ans, on estime que plus de 1000 enregistrements se sont ajoutés dans la production acadienne. Selon Marc Chouinard, les artistes acadiens qui veulent maintenant tourner en Europe ont la possibilité de le faire puisque des réseaux ont été établis. De plus en plus d’artistes signent aussi avec des agences de tournée européennes.

LE TREMPLIN DE LORIENT

Le Festival Interceltique de Lorient a été un bon tremplin pour les Acadiens. Depuis 2004, un Pavillon de l’Acadie y est érigé. Selon le directeur du projet Acadie à Lorient, François Émond, ce festival a été une porte d’entrée vers un nouveau marché, notamment en Bretagne. Plusieurs artistes comme les Hay Babies, Fayo et Caroline Savoie ont vécu leur première expérience en sol français à Lorient.

«Avant même qu’on ait des opérations à Lorient, c’est par ici (Lorient) que Vishten a commencé. Ça leur a ouvert beaucoup les portes notamment en Irlande», a exprimé François Émond. Il rappelle que c’est à la suite d’une visite au Pavillon de l’Acadie que Charles Gardier, des Francofolies de Spa, a eu l’idée à son tour de mettre en place un village acadien dans son festival qui a attiré 170 000 visiteurs.

Le festival Pause Guitare à Albi dans le sud de la France projette aussi d’avoir une opération acadienne à son festival. Selon François Émond, il est absolument nécessaire de continuer ces opérations, puisqu’elle contribue à faire connaître l’Acadie en Europe, parfois encore mal connue dans certaines parties du continent.