Plus de 240 000 bébés homards relâchés dans le détroit de Northumberland

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Après deux semaines environ, le bébé homard se transforme pour prendre la forme d’un homard et prend conscience du fait qu’il a besoin de se cacher pour éviter les prédateurs. Ses chances de survie passent de moins de 1 %, à sa naissance, à plus de 50 %. – Acadie Nouvelle: Jean-Marc Doiron

POINTE-DU-CHÊNE – Plus de 240 000 bébés homards ont été relâchés dans les eaux de la côte Est en 2014 par le groupe de recherche et de conservation du crustacé Homarus. Près de 5000 bébés homards ont été adoptés par des visiteurs de l’Écocentre Homarus, à Pointe-du-Chêne.

Dans la nature, les homards nouveau-nés passent une période critique d’environ deux semaines où ils sont une proie facile pour des prédateurs. Plus de 99 % des larves de homard sont dévorées avant d’atteindre l’âge adulte.

Quelques semaines après leur naissance, les homards développent le réflexe de se cacher pour éviter les menaces.

Afin d’accélérer la croissance de la population du homard, le groupe Homarus produit un environnement où, chaque année, des centaines de milliers de homards évoluent en toute sécurité. Ces larves de homard croissent dans une des plus grandes écloseries de homards du monde, à Shippagan.

«En écloserie, on enlève la période critique de deux semaines, et on contrôle les températures. Après deux semaines, les bébés homards se transforment en prenant la forme d’un homard et ils développent la conscience de la prédation. Ils savent qu’ils doivent se cacher», a expliqué Diego Ritchie, coordonnateur de l’Écocentre Homarus.

«Sa chance de survivre passe de moins de1 % à plus de 50 %. C’est énorme comme proportion.»

Une fois qu’il est assez mature, le homard est relâché dans le détroit de Northumberland.

Depuis avoir été instauré, au début des années 2000, le projet aurait eu un impact positif sur la population de homards. Des plongeurs de Homarus ont observé des hausses du nombre des jeunes crustacés dans les eaux de la côte Est du Nouveau-Brunswick.

«On voit qu’il commence à avoir du recrutement dans le détroit, ce qu’on ne voyait pas beaucoup avant. L’ensemencement aide, mais on n’en fait pas assez», a dit Martin Mallet, le directeur d’Homarus.

Cet été, le groupe a implanté un programme d’adoption de bébés homards à l’Écocentre Homarus, au quai de Pointe-du-Chêne, près de Shediac. Au total, 4772 personnes ont adopté un bébé homard en faisant un don de 2 $.

«Les fonds nous permettront de continuer nos travaux à l’écloserie, et de payer les coûts associés à élever le homard. C’est un don qui va pour la conservation de la population du homard», mentionne M. Ritchie.

Dimanche après-midi, le dernier relâchement de bébés homards de 2014 a eu lieu du bateau Ambassador, un navire de Croisières Shediac Bay. Plus de 60 personnes se sont tassées à bord de l’embarcation pour voir ce dernier déploiement de petits crustacés.

Le programme d’ensemencement de Homarus, une initiative appuyée par les pêcheurs, a permis de relâcher plus de 2,5 millions de homards au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse au cours des 10 dernières années.

DE MEILLEURS PRIX POUR LES HOMARDIERS

La valeur au débarquement du homard pêché dans le détroit de Northumberland est à la hausse d’environ 1 $ en 2014, selon un rapport du ministère des Pêches de l’Île-du-Prince-Édouard.

L’an dernier, le homard de conserve (canner – 72 mm à 80 mm) pêché dans le détroit était vendu 2,50 $ la livre. Le homard du commerce (market – 81 mm ou plus) était quant à lui vendu 3 $ la livre.

Cette année, les pêcheurs obtiennent 3,25 $ à 3,75 $ la livre pour le petit homard, tandis que le gros se vend entre 3,75 à 4 $ la livre.

À l’Île-du-Prince-Édouard, les pêcheurs reçoivent 3,25 $ pour le homard de conserve et 3,50 $ pour celui du commerce.

Selon le Boston Lobster Market Report, la demande pour le homard est modérée, alors que l’offre est «faible-modérée».