La situation des progressistes-conservateurs est «désastreuse»

SCOUDOUC – L’avance détenue par les libéraux tient bon, à trois semaines du scrutin. Selon le PDG de la firme Corporate Research Associates, Don Mills, la situation des progressistes-conservateurs est désastreuse, tellement que la réélection d’un gouvernement sortant avec un taux de satisfaction aussi bas serait sans précédent.

«On fait ça tous les trois mois. Je regarde les tendances. Ce que le dernier sondage me dit, c’est qu’il y a au moins cinq trimestres que les libéraux ont une avance claire», dit le patron de cette firme néo-écossaise lorsqu’on lui demande ce qui retient son attention dans le sondage publié mardi. 

Selon lui, les progressistes-conservateurs sont en difficulté. Et pas à peu près.

«Je pense que leur situation est désastreuse. Ils ont 19 points de retard avec trois semaines à faire. Ce serait sans précédent s’ils remportaient les élections.»

Il note aussi que le taux de satisfaction des répondants à l’égard du gouvernement sortant, qui se situe à 35 %, a de quoi inquiéter David Alward et son équipe. 

«Il est au plus bas. On n’a jamais vu un gouvernement réélu avec un taux de satisfaction si bas. Quand les gens ne sont pas satisfaits, ils se tournent vers un autre parti. Il est clair pour moi que les gens vont vers les libéraux», dit-il. 

Don Mills ajoute que cette tendance est claire depuis plusieurs mois. Selon lui, les progressistes-conservateurs n’ont tout simplement pas réussi à convaincre les électeurs de leur faire confiance à nouveau. 

«Ils n’ont pas réussi à convaincre les gens qu’ils font ce qui est bon pour la province. Ce taux de satisfaction n’est pas une bonne base pour tenter d’aller chercher un deuxième mandat», dit-il.

PAS DE SURPRISE

MONCTON – Le politologue à l’Université de Moncton et chroniqueur politique à l’Acadie Nouvelle, Roger Ouellette, remarque qu’il y a très peu de surprises dans ce sondage de Corporate Research Associates. 

«Il indique que les libéraux maintiennent leur avance. Les changements sont à peu près dans la marge d’erreur. Quant au Nouveau Parti démocratique, il est dans sa position habituelle, en troisième place, loin derrière.»

La méthodologie du sondage le fait cependant sourciller. C’est que CRA a mené le sondage sur une période de 12 jours. Roger Ouellette trouve que cela semble long. 

«Habituellement, les sondages électoraux sont faits sur 48 ou 72 heures», dit-il. 

Il est vrai que certaines firmes préfèrent mener leur sondage en moins de temps que CRA. C’est le cas de Forum Research, qui a sondé 962 personnes au Nouveau-Brunswick le 25 août.

Le PDG de CRA, Don Mills, explique que ses sondeurs ont questionné les Néo-Brunswickois pendant 12 jours pour s’assurer d’avoir un échantillon représentatif de l’électorat. 

«Une chose que l’on fait, c’est qu’on rappelle les gens. On veut avoir un bon échantillon. Si vous n’êtes pas là lorsque l’on vous appelle, on peut vous rappeler sept ou huit fois. Cela n’est pas possible lorsque l’on se donne 24 ou 48 heures pour compléter le sondage.»

De plus, il dit qu’il a analysé les données et que l’opinion publique n’a pas semblé changer au cours des 12 jours. 

«On peut argumenter que c’est trop long ou pas. Mais je peux vous dire qu’on a regardé les premiers jours et les derniers jours. Il n’y avait pas de différence», dit-il.

UN ÉLECTORAT INSATISFAIT

FREDERICTON – L’électorat est toujours aussi mécontent du gouvernement progressiste-conservateur. Au dernier sondage trimestriel de Corporate Research Associates, 56 % des répondants ont indiqué être «plutôt insatisfaits» (32 %) ou «complètement insatisfaits» (24%) du travail du cabinet de David Alward. En mai, ils étaient 54 % à être de cet avis.

De l’autre côté du spectre, 35 % des participants se sont dits «plutôt satisfaits»  (33 %) ou «complètement satisfaits» (2 %), soit le même pourcentage que trois mois plus tôt. Ceux qui n’avaient pas d’avis sur la question ou qui ont préféré ne pas répondre sont passés de 11 % à 9 %.