Ebola: la médecin hygiéniste de la province se rendra en Afrique de l’Ouest

FREDERICTON – La médecin hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, Eilish Cleary, mettra son expertise au service de la lutte contre le virus Ebola en se rendant en Afrique de l’Ouest dans une dizaine de jours.

En collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la Dre Cleary s’envolera pour le Nigeria le 15 septembre, un des pays touchés par la maladie Ebola, pour huit à dix semaines.

L’Ebola est une maladie grave qui cause une fièvre hémorragique chez les humains et les animaux. Elle se propage surtout en Guinée, au Libéria, en Sierra Leone.

Si la Dre Eilish Cleary ne traitera pas directement les malades, elle va participer avec d’autres spécialistes internationaux aux mesures de prévention pour freiner l’épidémie. Dans son rôle de médecin hygiéniste provinciale, elle est appelée à se pencher sur les éclosions de maladies infectieuses.

«Je ne vais pas soigner les malades, je l’ai déjà fait avant en Afrique (Sierra Leone pendant un an). Cette fois, je serai une conseillère de l’intervention de la santé publique sur l’explosion du virus Ebola pour prévenir sa propagation. Je vais d’abord au Nigeria, mais selon des besoins, je pourrais rester là ou aller dans un autre pays», explique-t-elle.

«C’est une maladie contagieuse, ce qui veut dire qu’il peut se propager plus loin. Nous ne devons pas juste penser à ceux qui ont la maladie, mais à ceux qui peuvent l’avoir sans que nous le sachions. C’est donc très important de tenter de la maîtriser rapidement», ajoute-t-elle.

Elle se préoccupe peu d’être contaminée par le virus une fois sur place, ressentant plutôt l’urgence de prêter main-forte à l’aide internationale.

«Il faut être au courant qu’il peut se propager et prendre ses précautions, même si ça prend des contacts très proches avec des personnes infectées. Il faut mettre cependant tout ça en proportion parce qu’il y a d’autres infections plus risquées dans ces pays, comme la malaria, qui est plus commune, et la fièvre typhoïde», dit-elle.

«C’est sûr que la propagation empire et ça va demander un gros effort pour tenter de renverser la vapeur. Ça demande la participation du Canada et des autres pays. C’est possible de contenir l’éclosion, mais les infrastructures et les conditions sociales dans certains pays rendent la chose plus difficile. Ce n’est pas si simple de dire voici ce que nous voulons faire. Nous devons travailler avec les gens, avec leurs propres cultures, leurs manières de faire les choses et reconnaître qu’ils n’ont pas nécessairement les infrastructures ni les ressources que nous avons», prévient le Dr Cleary.

Le dernier bilan de l’OMS en date du 28 août fait état de 1552 morts de l’épidémie de fièvre hémorragique liée au virus Ebola et de 3069 cas.

Les autorités craignent que le virus se propage à l’extérieur de l’Afrique.

«Ce n’est pas une maladie africaine. C’est un virus qui menace toute l’humanité», a lancé, hier, Gayle Smith, une conseillère spéciale du président Barack Obama et une dirigeante du Conseil national de sécurité, lors d’une conférence de presse à Londres.