Radon: les taux étaient très élevés dans certaines écoles du Nord

CARAQUET – Des taux de radon élevés ont été détectés dans plusieurs écoles francophones du Nouveau-Brunswick en 2008, a appris l’Acadie Nouvelle cette semaine grâce à des documents obtenus en vertu de la Loi sur le droit à l’information et la protection de la vie privée.

Des interventions ont permis aux autorités du ministère de l’Éducation et des districts scolaires de corriger la situation rapidement.

Des documents obtenus par l’Acadie Nouvelle démontrent que les taux ont dépassé le seuil maximum de 200 Bq/m3 tolérés par Santé Canada dans plusieurs écoles du nord de la province. Ce fait était déjà connu depuis quelques années, mais les quantités exactes enregistrées n’avaient jamais été rendues publiques par le ministère de l’Éducation. 

De façon générale, le radon est moins présent dans les établissements du Sud et du Nord-Ouest. Un becquerel (Bq) correspond à une désintégration par seconde.

Le radon est un gaz radioactif cancérigène. Il provient de la désintégration naturelle de l’uranium dans le sol. Lorsqu’il est libéré dans l’atmosphère, il se décompose rapidement et est inoffensif. Toutefois, lorsqu’il s’infiltre dans un espace clos, comme une maison ou une école, il peut s’avérer une menace pour la santé.

L’exposition à des quantités élevées de radon est, après le tabagisme, la deuxième principale cause du cancer du poumon. Au Canada, environ 3000 personnes chaque année meurent à la suite d’une exposition prolongée au radon.

Les documents révèlent que des taux de 1092 Bq/m3 et 1049 Bq/m3 ont été découverts à Paquetville en 2008.

Lors de cette même année, à l’école La Rivière, de Pokemouche, des taux dépassant 200 Bq/m3 ont été décelés dans la totalité des locaux du bâtiment, à l’exception du gymnase.

En 2011, les occupants du local 121 de l’école La Relève, de Saint-Isidore, ont été exposés à des quantités importantes de 536 Bq/m3 et de 574 Bq/m3.

Toujours en 2011, de fortes concentrations s’élevant jusqu’à 1154 Bq/m3 ont aussi été découvertes à L’Escale des Jeunes, à Bas-Caraquet.

Heureusement, les travaux visant à éliminer les traces de radon dans les écoles ont été réalisés avec succès. 

À Paquetville, de nouvelles évaluations menées en 2010 démontrent que les taux avaient chuté à moins de 100 Bq/m3 dans l’ensemble du bâtiment. C’est aussi le cas à Saint-Isidore, à Bas-Caraquet et à Poke-mouche.

Lorsqu’une action est nécessaire, le gouvernement provincial investit de 15 000 $ à 300 000 $, selon l’ampleur de l’intervention nécessaire, précise Johanne LeBlanc, porte-parole du ministère de l’Éducation.

«Pour nous, ce n’est pas une question de prix. Si ça doit être fait, c’est fait.»

Puisque chaque bâtiment est particulier, l’argent sert à concevoir des systèmes d’évaluation de radon sur mesure. Une fois installés, des travaux d’échantillonnage sont effectués annuellement dans deux locaux aléatoires.

Santé Canada recommande que ces travaux soient faits aux deux ans.