Il y a 25 ans, le pire incendie de l’histoire d’Edmundston

EDMUNDSTON – Aux questions que faisiez-vous et où étiez-vous le 5 septembre 1989 tard en soirée, plusieurs citoyens d’Edmundston n’auront pas de réponse précise. Si on leur rappelle que c’est la date du plus gros incendie jamais survenu dans la localité, plusieurs se souviendront qu’ils étaient au centre-ville pour assister, impuissants, à la scène.

Vingt-cinq ans plus tard, la date du mardi 5 septembre 1989 demeure bien ancrée dans la mémoire des vétérans pompiers d’Edmundston.

Vers 22 h 30, cette soirée-là, l’alerte est reçue. La caserne des pompiers n’est qu’à quelques centaines de mètres du lieu du sinistre. Quatre édifices du centre-ville sont la proie des flammes, dont l’Hôtel Royal.

Devant l’ampleur de la situation, l’alerte générale est lancée. En congé, le pompier André Grandmaison quitte immédiatement sa résidence du quartier Sacré-Coeur pour venir prêter main-forte à ses confrères. En empruntant le pont Boucher, à quelques secondes de là, il aperçoit les flammes.

«Arrivé à la caserne, mon premier réflexe a été de partir immédiatement avec le camion à échelle», a raconté celui qui était pompier depuis six ans à l’époque.

En plus de l’Hôtel Royal, la Maison funéraire Boucher, qui abritait des logements au deuxième étage, ainsi que deux édifices à logements ont été rasés par les flammes. C’est un quadrilatère d’environ 30 000 pieds qui a été dévasté. À l’époque, les dommages ont été évalués à 1,5 million $.

«Nous avons combattu les flammes durant plusieurs heures. L’incendie n’a jamais pu être maîtrisé. C’est le temps qui s’en est chargé, avec l’affaissement des bâtiments», a indiqué le lieutenant Grandmaison.

La force du brasier et l’importante chaleur ont fait en sorte que les pompiers ont dû arroser les immeubles avoisinants pour éviter que le feu ne s’y propage. Ils ont eu à l’oeil la station à essence Irving, voisine de la Maison funéraire Boucher.

«S’il y avait eu un fort vent ce soir-là, on aurait pu se réveiller avec une partie du centre-ville en moins le lendemain. Ce feu était tellement fort que même aujourd’hui, il n’y aurait probablement pas assez d’eau dans le centre-ville pour en venir à bout», a rappelé le lieutenant Grandmaison.

Malheureusement, l’incendie a fait une victime. 

Une octogénaire est demeurée prisonnière de son logement. Les pompiers Claude Campagna et Grandmaison ont tenté d’entrer, mais ils ont dû rebrousser chemin en raison de la force du brasier.

La dame âgée de 84 ans a été secourue par une fenêtre de son appartement au deuxième étage de la Maison funéraire Boucher. Elle a succombé à ses blessures dans les jours après le sinistre. Tous les autres occupants des loyers environnants ont eu le temps d’évacuer les lieux.

Plus d’une centaine de pompiers ont combattu l’élément destructeur. Ceux d’Edmunds-ton ont reçu l’appui de leurs confrères de Saint-Basile, de Saint-Jacques, de Saint-Joseph et de Madawaska, au Maine.

L’incendie est le résultat d’une main criminelle. Un individu a été condamné en cour pour cette affaire.

149 ANS D’HISTOIRE PARTIS EN FUMÉE

L’Hôtel Royal avait 149 ans d’histoire avant d’être emporté par les flammes.

Fait à souligner, la municipalité prévoyait le démolir pour la construction d’un édifice de bureaux.

«C’était prévisible qu’on pouvait s’attendre à ce genre de chose, si jamais l’hôtel devenait la proie des flammes. Ça aurait pris quatre camions à échelle aérienne pour le combattre, mais nous n’en avions qu’un», a mentionné le pompier André Grandmaison, aujourd’hui lieutenant dans la hiérarchie du Service d’incendie de la Ville d’Edmundston.

Le superviseur de la caserne centre, Mario L’Italien, dit avoir travaillé une trentaine d’heures consécutives lors de cet incendie.

«Lorsque je suis retourné à la maison, ma femme m’a réveillé à trois reprises parce que je m’étais endormi dans le bain», a-t-il témoigné pour expliquer sa fatigue.

Le parc Place de l’Hôtel de Ville occupe maintenant le quadrilatère. Il a été aménagé au début des années 1990.

L’auteur de ces lignes en était à sa première journée de travail pour le compte de l’Acadie Nouvelle lors du point de presse du mercredi matin faisant état de l’incendie de la veille.

L’Hôtel Royal faisait partie du paysage depuis 149 ans, avant d’être détruit par les flammes le 5 septembre 1989. - Gracieuseté
L’Hôtel Royal faisait partie du paysage depuis 149 ans, avant d’être détruit par les flammes le 5 septembre 1989. – Gracieuseté
L’Hôtel Royal faisait partie du paysage depuis 149 ans, avant d’être détruit par les flammes le 5 septembre 1989. - Gracieuseté
L’Hôtel Royal faisait partie du paysage depuis 149 ans, avant d’être détruit par les flammes le 5 septembre 1989. – Gracieuseté