Plaidoyer pour un ministère des aînés

BERESFORD – Les aînés, qui représentent une large part de l’électorat, mettent sur la table leurs exigences en demandant sous le prochain gouvernement la création d’un ministère qui leur sera dédié.

L’Association francophone des aînés du Nouveau-Brunswick (AFANB), l’Association des Universités du troisième âge du Nouveau-Brunswick (AUTANB) et la Société des enseignants et enseignantes retraités francophones du Nouveau-Brunswick (SERFNB) parlent d’une même voix quant à leurs priorités.

Si des tentatives ont été faites par le passé, comme avec le Secrétariat provincial des aînés, les trois organismes qui regroupent près de 12 000 membres estiment qu’il est temps d’implanter pour de bon un ministère auquel ils pourraient se référer plutôt que d’être dispersés dans quatre différents portefeuilles.

«Si nous voulons planifier sur du long terme toute la question du vieillissement de la population, nous devrions avoir un ministère des aînés. C’est évident étant donné les statistiques que nous en avons besoin pour mieux coordonner, collaborer et planifier. Et ça ne coûtera pas plus cher. Il s’agit de prendre les programmes, les budgets, le personnel des différents ministères et de les mettre sous un même toit», plaide Jean-Luc Bélanger, le directeur général de l’AFANB.

D’ici 2050, les aînés représenteront un tiers de la population canadienne. Toutefois, ils réfutent l’idée selon laquelle ils sont un fardeau pour la société.

«Au Nouveau-Brunswick, il n’y a que 6 % de la population aînée qui réside dans un foyer de soins, ce qui veut dire que 94 % de cette population est active et toujours autonome, en mesure de contribuer à la vitalité de son milieu de vie, sur le marché du travail ou dans les nombreuses organisations communautaires», a fait savoir Jean-Marie Rousseau, président de l’AUTANB, lors du point de presse, jeudi.

Les groupes des aînés mettent cependant en avant que 50 % des femmes et 40 % des hommes retraités recevaient le supplément du revenu garanti, selon des données de 2010.

«Nous avons besoin d’un gouvernement qui protège les pensions des citoyens aînés et qui assure qu’ils puissent vivre en dignité, au-dessus du seuil de la pauvreté», affirme Sonia Roy, la présidente de la SERFNB.

Le prochain gouvernement devra développer une politique sur le vieillissement, de même qu’une Charte des droits des aînés, selon les trois organismes, tout en veillant à la question linguistique.

«Nous espérons que le prochain gouvernement posera des gestes concrets qui assureront à notre population de pouvoir vivre et vieillir en bénéficiant de soins et de services en français, ce qui n’est malheureusement pas le cas actuellement au Nouveau-Brunswick», a martelé Roger Martin, le président de l’AFANB.