Création d’emplois: visions différentes dans Tracadie-Sheila

POKEMOUCHE – Comme son chef David Alward, le candidat progressiste-conservateur de Tracadie-Sheila, Claude Landry, a réitéré l’intention de son parti de développer les ressources naturelles au Nouveau-Brunswick à l’occasion d’un débat présenté sur les ondes de CKRO FM 97,1.

La radio communautaire organise des débats entre les candidats des différentes circonscriptions de la Péninsule acadienne chaque soir cette semaine.

Selon Claude Landry, les projets de développement locaux, comme la culture des bleuets sauvages, représentent des occasions de développement économique importantes dans la région. L’entreprise néo-écossaise, Oxford Frozen Foods, doit investir 184 millions $ dans la Péninsule acadienne pour développer 15 712 acres de terres.

Une entente avec le gouvernement provincial prévoit un échange de 15 712 acres de terres de la Couronne contre une superficie équivalente en terres privées dans la même région. L’entreprise promet aussi de créer 300 emplois au cours des 10 prochaines années.

«Est-ce qu’on peut dire non à un investissement de 184 millions $? Nous avons grandement besoin de ces emplois. Comme gouvernement, nous allons travailler avec Oxford Frozen Foods pour nous assurer que cette création d’emplois se fera et que le projet se réalisera dans le respect de l’environnement.»

L’Acadie Nouvelle a dévoilé plus tôt cette année qu’aucune étude environnementale n’a été réalisée avant de donner le feu vert au projet.

Les autres candidats présents, Serge Rousselle, du Parti libéral, François Rousselle, du NPD, et le candidat indépendant, Donald Thomas, ne se sont pas privés de critiquer ce projet.

«Quand on sait que les petits producteurs locaux demandaient l’accès à ces terres, nous pouvons nous poser de sérieuses questions. Je pense qu’il faut vraiment songer à s’assurer à répartir la ressource équitablement. Quant à l’environnement, il faudrait s’assurer d’avoir des normes environnementales à respecter et les mettre en application», a lancé Serge Rousselle.

Donald Thomas regrette que le gouvernement Alward ait décidé d’aller de l’avant avec l’échange. D’après lui, la province a perdu un potentiel de 2 milliards $ en revenus qui auraient pu tomber entre les mains des gens du Nouveau-Brunswick.

Le sujet est revenu sur la table un peu plus tard pendant le débat lorsque les candidats tentaient de répondre à une question portant sur le développement économique. Claude Landry a critiqué une partie du plan des libéraux qui consiste à dissoudre le ministère du Développement économique et Investir NB pour le remplacer par un nouvel organisme, Opportunités Nouveau-Brunswick.

«Nous croyons dans les gens d’ici et on veut s’assurer que les gens d’ici pourront participer au développement économique. Nous voulons créer des organismes de développement local où les gens des communautés peuvent s’investir et participer à leur économie dans leur milieu. Ça doit être quelque chose si vous êtes complètement étranger, M. Landry, mais les gens d’ici ont des capacités et ils sont en mesure de bien faire. Nous avons confiance aux gens d’ici et non seulement à ceux de l’extérieur», a répliqué Serge Rousselle.