Greffe du poumon: l’aide financière sera disponible partout au pays

GRAND TRACADIE-SHEILA – Deux mères de famille de la Péninsule acadienne, qui se sont battues contre le gouvernement provincial pour les droits des francophones en attente d’une greffe pulmonaire, ont finalement obtenu gain de cause, a appris l’Acadie Nouvelle.

Maryse Haché et Huguette Doiron ont convaincu le ministre de la Santé, Hugh Flemming, d’accorder la même aide financière aux patients qui optent pour une transplantation à Montréal que ceux qui choisissent Toronto. 

Les greffes du poumon ne s’effectuent pas au Nouveau-Brunswick, mais à Montréal, Toronto, Winnipeg, Vancouver et Edmonton.

Avant le combat des deux femmes, les Néo-Brunswickois traités dans la capitale ontarienne seulement pouvaient recevoir une allocation mensuelle de 1500 $ du gouvernement provincial. Cette aide financière est maintenant disponible partout au pays. 

Dans un courriel envoyé à Mme Doiron, le ministre de la Santé confirme que l’assurance maladie versera une indemnité quotidienne maximale de 110 $ par nuit (hébergement, repas, etc.) pour un séjour de trois nuits ou plus à l’extérieur de la province.

Hugh Flemming ajoute qu’une allocation mensuelle de 1500 $ sera donnée pour un séjour de 30 nuits ou plus. 

L’accompagnateur pourra de son côté recevoir un montant de 46 $ par jour pour ses repas. Les personnes en attente d’une greffe doivent absolument être accompagnées et demeurer à moins de deux heures de l’hôpital. 

Cette aide s’applique avant la transplantation, lorsque le patient est inscrit sur la liste d’attente de greffe et qu’il doit déménager, et après lors de suivis, sans temps limite.

«Je ne peux pas croire qu’on a gagné», exprime Huguette Doiron, dont la fille, Valérie, a subi avec succès une greffe pulmonaire en avril à Montréal.

«Les francophones ont le droit de recevoir la même aide financière et de se faire servir dans leur langue. C’était inconcevable qu’on soit pénalisés parce qu’on est francophones», ajoute la dame de Grand Tracadie-Sheila.

En juillet, le ministre Flemming, accompagné de ses collègues Paul Robichaud et Claude Landry, a rencontré les deux femmes dans la Péninsule acadienne. La lutte de Maryse Haché, de Shippagan, et d’Huguette Doiron a débuté en janvier après que l’Acadie Nouvelle a mis en lumière la situation. Une pétition, qui a recueilli près de 1400 signatures, a été lancée peu après. 

«Le ministre semblait apprendre quelque chose (que l’aide financière était accordée à Toronto seulement). Il trouvait que ça n’avait pas de sens. Il était très ouvert et sympathique», indique Mme Doiron.

Quelques semaines plus tard, Hugh Flemming a passé de la parole aux actes. Il y a un petit hic, cependant. Les montants sont alloués seulement si le patient est en consultation externe, à Toronto, à Montréal ou ailleurs. S’il est hospitalisé, il n’y a pas droit.

La sous-ministre déléguée à la Santé, Lyne St-Pierre-Ellis, a fait savoir que «si un patient doit être hospitalisé, les frais d’hébergement ne sont malheureusement pas remboursés, car l’assurance maladie doit payer les frais d’hospitalisation».

«La Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard paient même s’il y a hospitalisation, souligne Huguette Doiron. Je vais essayer de continuer à me battre pour ça avec le prochain gouvernement. M. Flemming a manqué de temps pour changer les choses à cause des élections.»

«J’AI REÇU LE PLUS BEAU CADEAU»

La dernière année n’a pas été facile pour la famille Doiron, mais la jeune Valérie se porte mieux depuis la greffe pulmonaire qu’elle a subie avec succès en avril.

«Ça va vraiment bien. Elle n’arrête pas! Elle veut travailler. Ce n’est plus la même personne, c’est une nouvelle vie. J’ai reçu le plus beau cadeau», mentionne sa mère, Huguette Doiron.

Depuis cinq ans, Valérie, atteinte de la fibrose kystique, a des suivis réguliers à Montréal. La famille devait s’y rendre chaque mois ou aux trois mois. Mais en octobre, les choses ont empiré.

«Elle a eu une pneumonie double. Elle a ensuite été hospitalisée de nouveau en novembre. La situation s’était détériorée. Elle ne mangeait plus et faisait de l’anémie. Elle était sous oxygène», raconte Mme Doiron.

«En décembre, elle était nourrie par un tube. J’ai craint pour sa santé. Je restais avec elle jour et nuit. La transplantation s’imposait. Six semaines avant la greffe, elle s’est retrouvée sur la liste d’urgence. Mais les greffes se faisaient rares», ajoute-t-elle.

C’est finalement le décès d’une femme âgée de 62 ans qui a permis d’offrir une nouvelle vie à Valérie.