Une paroisse tiendra une «quête électronique»

EDMUNDSTON – La paroisse Notre-Dame-des-Sept-Douleurs propose la «quête électronique» par l’entremise du prélèvement bancaire afin de permettre aux catholiques non pratiquants de contribuer financièrement à ses activités.

Les détails de cette campagne d’appui à la paroisse ont été dévoilés jeudi matin. Dans le cadre du recensement d’automne, un dépliant sera distribué dans chacune des résidences de la paroisse de près de 4500 citoyens.

Selon le président du Comité pour la lutte au déficit, Gaston Thériault, la paroisse Notre-Dame-des-Sept-Douleurs aurait besoin d’environ 50 000 $ de plus annuellement pour boucler son budget.

«Il y a beaucoup de gens qui pratiquent leur religion, mais qui ne viennent pas nécessairement à la messe. Cette invitation à contribuer est une façon que nous leur proposons pour qu’ils puissent faire leur part eux aussi pour le financement de la paroisse», a-t-il indiqué.

Ce sont environ 2500 $ qui sont amassés chaque semaine durant la quête des deux messes dominicales. Environ 3500 $ seraient requis pour subvenir aux besoins financiers annuels.

«Les revenus à la quête hebdomadaire ne cessent de diminuer et il ne faut pas rêver, la tendance risque de se poursuivre», a ajouté M. Thériault.

Selon le père Roger Dionne, ce sont entre 8 et 10 % des paroissiens qui fréquentent leur église.

«C’est principalement sur eux que repose la tâche de financer ses activités. La campagne s’adresse donc à l’autre tranche de 90 % pour se donner les services dont on a besoin», a souligné le père Dionne.

C’est la première fois qu’une telle initiative est lancée dans le diocèse d’Edmundston. Selon le comité, d’autres paroisses auront les yeux rivés sur les résultats. Une telle mesure est en place dans des églises de la région de Dieppe.

Selon le comité, une église au Québec a même cessé la quête à ses célébrations dominicales et c’est uniquement le système de retraits préautorisés qui est en vigueur à cet endroit.

Une paroisse dans le rouge

Les dirigeants de la paroisse Notre-Dame-des-Sept-Douleurs ne cachent pas que leur réserve a «fondu» au fil des ans et que la situation risque de devenir alarmante si la situation financière ne s’améliore pas.

En 2013, la paroisse a été confrontée à un déficit de 70 000 $. Son manque à gagner est de plus de 200 000 $ au cours des cinq dernières années. Ses dirigeants soutiennent que son fonds de réserve n’est plus ce qu’il était.

La paroisse a dû emprunter 350 000 $ pour des travaux majeurs, dont l’installation d’un système de géothermie. Ses coûts de chauffage sont d’environ 70 000 $ par année et le nouveau procédé devrait lui permettre d’en économiser la moitié.

«Si rien ne se produit, notre fonds de réserve sera à sec dans trois ou quatre ans. On s’y prend à l’avance pour éviter cette réalité. C’est la première fois où nous avons plus de dettes que de placements», a mentionné un autre membre du Comité de lutte contre le déficit de la paroisse, Paul Arsenault.

Selon le père Roger Dionne, l’augmentation des revenus et la réduction des dépenses sont les deux moyens pour contrer le déficit annuel. «Et nous attaquons les deux en même temps», a-t-il dit.

Le président du comité, Gaston Thériault, a rappelé que l’église a été construite en 1952 et qu’elle nécessitera probablement d’autres travaux majeurs dans un proche avenir.

«Nous devons aussi penser au long terme. Il y aura des coûts importants lorsque viendra le temps de faire d’autres travaux», a mentionné M. Thériault.

Les paroisses Notre-Dame-des-Sept-Douleurs et Cathédrale Immaculée-Conception (les deux plus grosses en population du diocèse) sont réunies sous une même unité pastorale. Il n’est nullement question pour l’instant d’envisager la possibilité de fermer l’une des deux églises, qui ne sont pourtant qu’à moins d’une minute de distance en voiture.