L’oeuvre de Camille Lefebvre retrouve vie

MEMRAMCOOK – Le théâtre du Monument-Lefebvre de Memramcook était plein à craquer, jeudi soir, alors qu’on présentait la première de la pièce La vallée des possibles: l’oeuvre de Camille Lefebvre.

La production de la Société culturelle de la Vallée de Memramcook, avec ses artistes, ses chanteurs, son choeur musical, ses solistes et son orchestre, a fait voyager le public dans le temps jusqu’à l’ouverture du Collège Saint-Joseph, il y a 150 ans.

«La pièce de ce soir m’a ramené à mes 13 ans, quand je suis devenu pensionnaire de l’Institut de Memramcook. Après ce soir, je ressens la même fierté que lorsque j’ai mis le pied dans la bâtisse la première fois», souligne Réginald Nadeau, originaire d’Edmundston.

- Gracieuseté
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Christian Kit Goguen, Justin Guignard, Danny Boudreau, Selby Evans, Monette Gould, Lina Boudreau, Mélanie LeBlanc, Ulric LeBlanc et Denis Richard ont prêté leurs voix pour célébrer l’anniversaire de l’Institut dans un musical classique et populaire. Les 23 musiciens de la Symphonie du Nouveau-Brunswick, sous la direction du chef d’orchestre Michael Newnham, ont accompagné les artistes.

La pièce permet de vivre le parcours du père Lefebvre dans son projet de fondation du Collège Saint-Joseph de Memramcook, événement marquant de la renaissance acadienne. On suit, à travers l’histoire, le parcours qu’il a emprunté pour parvenir à l’ouverture de la première institution d’éducation supérieure francophone en Acadie.

Pour Guylaine Boudreau, de Memramcook, le moment où le Collège Saint-Joseph brûle sous les flammes est un moment fort de la pièce, qui lui a fait vivre de grandes émotions. Elle se souvient que son père lui racontait cette histoire lorsqu’elle était jeune.

«Papa me racontait cette tragédie comme un père racontait un conte. Il voulait que je me souvienne des difficultés auxquelles ont fait face les Acadiens et que je n’oublie pas la chance que j’avais de pouvoir aller à l’école.»

Le collège a été ravagé par le feu le 20 octobre 1933. Il a été reconstruit et les cours ont repris un an plus tard, le 20 octobre 1934.

«C’est important de tenir en vie des pièces comme celle-ci. Elles commémorent notre histoire, les défis qu’on a relevés, mais aussi comment le peuple acadien était soudé, souligne à son tour Mme Poirier. On est beau à voir à travers l’histoire, parce qu’on s’est entraidé, on a rêvé d’un monde où l’éducation serait un jour accessible. Et on a réussi.»

«Le plus triste dans l’histoire, c’est que notre collège, le collège de l’Acadie, n’existe plus.»

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Le collège s’est affilié à l’Université de Moncton, qui ouvrait ses portes, en 1963. Il a cessé d’exister quelques années plus tard, puisque tout l’enseignement se donnait maintenant dans les écoles secondaires et sur le campus de l’université. Le collège est devenu un centre d’éducation des adultes, l’Institut de Memramcook.

À la fin de la pièce, les artistes et les organisateurs de la pièce ont été acclamés par la foule sous une pluie d’applaudissements et de cris d’appréciation qui les ont fait revenir sur scène. On a pu ensuite entendre dans la salle et le stationnement les spectateurs siffler les airs musicaux joués durant le spectacle.

L’oeuvre musicale, qui regroupe plus de 40 artistes, a été mise en scène par une équipe de création artistique composée d’Allain Roy, directeur artistique, Jean-François Mallet, compositeur et directeur musical, Gracia Couturier, librettiste et Ginerre Ahier, parolière.

La vallée des possibles : l’oeuvre de Camille Lefebvre sera présentée du 9 au 12 octobre au théâtre du Monument-Lefebvre de Memramcook.