La Coop de Robertville ferme officiellement ses portes

ROBERTVILLE – Les membres de la Coop de Robertville se sont résignés mardi à fermer le commerce qui était sous respirateur artificiel depuis de nombreuses années. La fermeture a pris effet le soir même.

Plus d’une centaine de membres ont assisté à la convocation du conseil d’administration et c’est en grande majorité qu’ils ont voté pour la dissolution du magasin d’alimentation qui faisait partie du paysage depuis 73 ans.

La plupart des consommateurs de la Coop de Robertville ne sont guère surpris du dénouement puisque depuis une vingtaine d’années, le chiffre d’affaires dégringolait.

«C’est la meilleure affaire qui puisse arriver et il aurait fallu que ce soit fait il y a longtemps. Ça faisait trop longtemps que ça niaisait et que la Coop perdait de l’argent», a partagé Laurent Frenette, de Robertville.

Déjà, à l’été 2008, les membres avaient été convoqués à une réunion d’urgence, car la situation était très critique.

Deux propositions avaient été mises sur la table: voter pour un plan de redressement assez ambitieux ou pour la fermeture du magasin. Finalement, 95 % des membres votants présents avaient pris position pour faire certains sacrifices afin de conserver ce commerce qui était au cœur de leur communauté.

«C’est triste et la direction a fait son possible, mais on s’y attendait depuis longtemps. Maintenant que c’est fermé, on ira aux alentours pour faire notre épicerie. On va être obligés de manger pareil», a confié mardi soir Cécile Hachey, une autre résidante.

Cette fois-ci, il n’y avait plus d’échappatoire et le conseil d’administration n’avait qu’une proposition à soumettre, soit mettre la clef dans la porte définitivement.

«Je suis triste pour les employés et déçus pour les gens de la région qui n’ont pas de moyen de transport pour se rendre en ville, mais il faut se rendre à l’évidence. Il n’y avait pas d’autres solutions. Nous n’avons pas de reproches à faire au conseil d’administration ni au personnel en place. Tous ont fait les efforts voulus. Nous ne pouvons pas non plus blâmer les gens qui ont un budget serré et qui magasinent en ville pour économiser. Je suis déçu, mais j’aime mieux voir la Coop fermer que d’être membre de quelque chose qui ne fonctionne pas», a résumé André Boudreau, un citoyen de Robertville.

Avec la transformation du Walmart en épicerie récemment, c’est un joueur de plus qui grugeait dans les revenus de la Coop de Robertville.

«Depuis une bonne vingtaine d’années, les ventes diminuaient chaque année. L’état du magasin se détériorait et nous n’avions pas les moyens de faire les remplacements qui s’imposaient. Les équipements de réfrigération étaient en très mauvais état, donc les aliments périssaient plus rapidement, ce qui veut dire plus de pertes. C’était un cercle vicieux», a expliqué Jean Desrosiers, le président du conseil d’administration qui a été dissous par la même occasion.

«Pour survivre, il aurait fallu que nos ventes se chiffrent à 40 000 $ par semaine au minimum. Dernièrement, nous étions rendus à 27 000, 28 000 $ par semaine. Nous avions fait l’assainissement de nos finances, coupé dans le gras. Nous étions en régime minceur et même à cela, nous n’arrivions pas à rentrer dans nos frais», a-t-il ajouté.

Une quinzaine d’employés se retrouvent au chômage. Annie Comeau était bouleversée à la sortie de la réunion, sachant qu’elle ne rentrerait ni mercredi ni les jours suivants sur son lieu de travail.

«Je suis une mère de famille monoparentale, donc il faut que je fasse vivre mon enfant. J’aimais mon emploi. J’étais attachée à mes clients. Je sais que je vais passer au travers, mais ça fait mal au cœur», a dit en pleurs Mme Comeau.

La Coop de Robertville a une dette d’environ 800 000 $. Son plus important créancier est Coop Atlantique.

Par ailleurs, la Coopérative de Richi-bouctou-Village a le même soir confirmé sa fermeture définitive. Une forte majorité des membres présents à l’assemblée a voté en faveur de la dissolution.