BRANTVILLE – Un ancien combattant de Brantville, dans la Péninsule acadienne, recevra à la fin du mois la plus haute décoration honorifique française. Bien qu’il soit âgé de 89 ans, Albert Doiron se remémore avec exactitude et précision ses trois ans passés à servir son pays pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le vétéran sera honoré le 27 novembre à Tracadie. Déjà membre à vie de la Légion royale canadienne, Albert Doiron se verra remettre la médaille de Chevalier de la Légion d’honneur pour souligner sa contribution à la libération de la France.

M. Doiron a servi son pays de 1943 à 1946 en France, en Belgique, en Allemagne et en Hollande. Il a passé près de 11 mois sur les champs de bataille au sein de la deuxième division d’infanterie.

Pour le caporal, conducteur de véhicules de transport de troupes, les événements survenus il y a 70 ans sont encore très frais en mémoire.

«Ce n’est pas de quoi qui s’oublie facilement», dit-il avec lucidité.

«Nous étions une compagnie de soutien. Nous étions du renfort pour remplacer les gars blessés ou tués», ajoute le 11e d’une famille de 13 enfants.

«Nous couchions dehors, dans des granges et des hangars, où nous trouvions des places. Nous travaillions sept jours sur sept, 24 heures par jour. Nous dormions et mangions quand c’était possible.»

Albert Doiron n’a pas eu à tuer directement des soldats ennemis, mais il a côtoyé la Faucheuse de près.

«Nous avons évacué des blessés et des morts. Parfois, nous allions en (mission de) reconnaissance et ç’a passé proche», exprime-t-il.

Le seul vétéran de la Seconde Guerre mondiale de Brantville encore en vie se souvient du 7 mai 1945, jour de signature de l’acte de reddition inconditionnelle des forces armées allemandes.

«J’étais en Allemagne. C’était dans l’après-midi. Nous étions sales, nous avions fait plusieurs batailles. Nous attendions et nous savions que ça brassait. Nous étions supposés attaquer le lendemain matin. L’officier est venu nous voir et a dit que la guerre allait se terminer», raconte M. Doiron.

«On nous a réveillés dans la nuit pour nous dire que c’était fini. Le lendemain, il fallait désarmer les Allemands. Tout s’est bien passé, mais ça braillait ce monde-là. Ce n’était pas rose. Nous ne croyions pas vraiment que c’était fini. Dans les villes ça fêtait, mais nous, nous n’avons jamais pu voir ça.»

Au retour de la guerre, Albert Doiron a consacré sa vie à l’industrie du bois et du papier. Il a notamment travaillé à Miramichi pour la compagnie américaine Boise Cascade comme surintendant aux ressources humaines.

Il a également été un pionnier dans le développement de la communauté de Brantville. Il a bâti la Caisse populaire et a été le premier président du conseil paroissial.

Celui qui «n’aime pas trop les bouquets de fleurs» sera honoré le jeudi 27 novembre, dès 14 h, à l’hôtel de ville de Tracadie. Le consul général de France pour les Provinces atlantiques, Vincent Hommeril, sera présent.

«C’est quelque chose qu’on ne pense pas. C’est rare pour quelqu’un de Brantville», indique M. Doiron en toute humilité.

Un autre soldat de la Seconde Guerre mondiale, Alphonse Vautour, de Petit-Cap, a reçu lui aussi la médaille de Chevalier de la Légion d’honneur, il y a deux semaines.

LA SECONDE GUERRE MONDIALE EN BREF

Principaux pays en guerre: Royaume-Uni, France, Russie, États-Unis et Canada c. Allemagne, Japon et Italie

Durée: 1939 à 1945

Victimes: 60 millions de militaires et de civils

Combattants totaux: 100 millions

Combattants canadiens: 1,1 million

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle