EEL RIVER CROSSING – Vieux de 42 ans, le poste convertisseur d’Eel River au Restigouche vient de se voir injecter un montant colossal pour sa modernisation.

Énergie NB a souligné lundi la réouverture officielle de son poste convertisseur d’Eel River. La réouverture fait suite à une importante mise à niveau, puisqu’une bonne partie de l’équipement avait atteint sa fin de durée de vie utile.

Mine de rien, l’endroit est historique en soi puisqu’il s’agit du tout premier poste convertisseur du genre (courant continu à haute tension) au monde. Il a été mis sur pied pour permettre le transfert (importation et exportation) d’électricité entre le Québec, le Nouveau-Brunswick, les Maritimes et la Nouvelle-Angleterre. Le transfert peut aller jusqu’à 350 mégawatts d’un côté comme de l’autre. La conversion du courant est nécessaire puisqu’elle assure aux réseaux une plus grande stabilité.

«Le poste avait fait son temps et ce fut un très bon investissement pour Énergie NB », souligne le président-directeur général d’Énergie NB, Gaétan Thomas, présent lors de la réouverture officielle des installations.

Le projet de modernisation fut échelonné sur deux ans. Au plus fort des travaux, quelque 250 personnes – dont de nombreux entrepreneurs de la région – ont participé au projet. En raison de certaines pièces plus importantes à changer, l’endroit a dû fermer ses portes du mois d’avril à celui de novembre, soit lorsque la demande en électricité est à son plus bas.

Le tout aura coûté la rondelette somme de 85 millions $ à la société d’État. Celle-ci ne semble toutefois pas se formaliser outre mesure de cette dépense salée. C’est qu’en permettant un accès au marché du Québec et du Labrador, le poste contribue à faire économiser plusieurs millions annuellement à la province.

Lorsque les prix sont bas sur ces marchés, par exemple, la province abaisse sa production et y achète de l’électricité. À l’inverse, elle peut également y écouler ses surplus.

«On est plus acheteur que vendeur, car le Québec possède d’énormes ressources hydrauliques. Par contre, il arrive qu’ils aient besoin de notre énergie en période de pointe. On s’entraide donc l’un et l’autre», soutient M. Thomas.

Et puisque le poste sert d’intermédiaire entre le Québec et les autres juridictions (Maritimes, États-Unis), la province reçoit une redevance.

Selon le PDG, la mise à jour devrait prolonger la durée de vie du poste d’environ 30 à 40 ans.

«Ça va assurer une source d’énergie fiable à la province, nous permettre de réduire notre dépendance aux combustibles fossiles et de réduire notre dette», ajoute M. Thomas.

Selon lui, les deux postes d’interconnexions entre le la province et le Québec (l’autre étant au Québec, près du Madawaska) permettent une réduction de la facture des consommateurs néo-brunswickois de 10 % à 15 %.

Fait à noter: le projet a été accompli plus rapidement que prévu, soit deux semaines plus tôt. Il aura également été moins coûteux d’environ 5 millions $.

«On aime toujours ça lorsqu’on termine des travaux en dessous du budget prévu et avant la date d’échéance», souligne pour sa part le ministre de Mines et de l’Énergie et député de Campbellton-Dalhousie, Donald Arseneault.

AMÉLIORER LA FIABILITÉ DU RÉSEAU

Si l’efficacité du poste convertisseur d’Eel River a été prouvée maintes fois depuis 1972, celle du réseau électrique d’Énergie NB l’est beaucoup moins. De récentes données démontrent en effet qu’en 2014, les pertes de courant ont représenté un total de 17 millions d’heures, une statistique à la hausse.

Selon M. Thomas, le grand coupable de cette hausse n’est nul autre que l’ouragan Arthur. Il affirme que son organisation a mis les bouchées doubles pour ce qui est de l’élagage des arbres, soit l’équivalent d’un montant additionnel de 5 millions $.

«Ce ne sont pas nos lignes qui tombent, ce sont les arbres et les branchent qui tombent sur nos lignes. En investissant dans l’élagage, nous diminuons ainsi les risques d’interruptions de courant», a-t-il souligné, promettant de meilleures statistiques dans un proche avenir.

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