Déneigeur, un métier pas comme les autres [vidéo]

CARAQUET – Parmi les métiers dont le principal souci est d’assurer la sécurité des gens, on retrouve le pompier, le médecin ou bien le policier. Rarement va-t-on parler du déneigeur. Pourtant, il fait partie de ces gens pour qui les heures ne comptent pas et le désir d’aider passe en premier.

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L’Acadie Nouvelle a accompagné François Cormier dans son travail mercredi. Il a accepté de nous accueillir à bord de son chasse-neige, un mastodonte dernier cri d’une valeur de 240 000 $. M. Cormier déneige les routes principales de la ville de Caraquet depuis cinq ans.

Pendant les journées de grosse tempête, comme mercredi, il peut travailler de 4 h à 22 h, incluant des pauses pour manger. Parfois, il peut dormir au garage avec l’un de ses collègues au cas où un véhicule d’urgence aurait besoin de prendre la route.

«J’ai déjà escorté une ambulance la nuit», raconte le père de famille âgé de 28 ans.

Chaque hiver, François Cormier parcourt entre 10 000 et 20 000 km. Il peut travailler de 55 à 70 heures par semaine.

«Tu dois avoir des yeux partout. Pendant le temps des Fêtes, il y a beaucoup de voitures et de piétons en ville. Quand c’est le déluge, des gens vont quand même au Tim Hortons le soir entre 17 h et 22 h», déplore-t-il.

La témérité de certains automobilistes peut compliquer le travail des déneigeurs.

«Il y a des voitures qui nous ont déjà frappés. C’était des petits accrochages, rien de majeur», mentionne le contremaître du département des travaux publics de Caraquet, Bruno Landry.

«Une fois, les voitures me dépassaient alors que j’avais de la difficulté à tenir en place sur le chemin. Un peu plus loin, je retrouvais ces voitures dans le clos», ajoute-t-il.

M. Landry dirige un groupe de cinq personnes. En quatre heures, son équipe réussit à déneiger l’ensemble des rues de la ville.

«C’est un engagement de tout le monde. C’est comme une mission. Le payeur de taxes veut des résultats et on prend beaucoup à coeur la population», dit-il.

«On ne peut pas non plus laisser des gens pris dans le banc de neige. On essaie de s’entraider. Les citoyens sont notre raison d’être.»

En 28 ans de carrière, le contremaître a connu les hivers rigoureux d’antan.

«À la Pointe-Rocheuse, j’ai déjà tenté de trouver des voitures avec des détecteurs de métal», souligne-t-il.

«Une fois, un propriétaire avait laissé son véhicule quelque part sur la rue de l’Île, sans nous avertir. Le chasse-neige a viré la voiture sur le côté. Elle n’était pas du tout brisée, mais bien cachée dans la neige. Le lendemain, le propriétaire se demandait où sa voiture était passée!», poursuit Bruno Landry.

«Il y a une quinzaine d’années environ, l’électricité a manqué d’un bout à l’autre de la ville. Il faisait noir comme sous terre. Je ne savais même pas où j’étais jusqu’au moment où j’ai vu une lueur à l’hôpital. Il y avait une génératrice.»

Circuler dans des conditions extrêmes est difficile et périlleux, même pour le déneigeur.

«Parfois, c’est aussi dangereux pour nous. On se fait souvent critiquer, mais il faut comprendre les circonstances. On doit négocier avec la température qui n’est pas une science exacte. On a un budget à respecter. La neige, c’est une gestion. Il faut déneiger d’une façon intelligente et responsable.»