Un hockeyeur de Saint-Quentin sauvé in extremis sur la patinoire

SAINT-QUENTIN – Un défibrillateur a permis de sauver une troisième vie en quelques semaines dans un aréna de la province.  Cette fois, c’est un hockeyeur de Saint-Quentin qui doit une fière chandelle à l’appareil.

La partie de hockey du 7 décembre de l’équipe des CB de Saint-Quentin – un club de gentilshommes qui se rencontrent tous les dimanches – restera fort probablement gravée à jamais dans l’esprit de ses joueurs présent ce jour-là. C’est que l’un d’entre eux, Daniel Dubé, a été victime d’un arrêt cardiaque. N’eût été la présence d’esprit de ses coéquipiers, il y serait probablement resté.

Vincent Caron n’a pas hésité un instant à intervenir lorsqu’il a vu son collègue tomber sur la glace.

«Tout allait bien durant la partie, il n’avait aucun symptôme. Et tout à coup, en deuxième période, il s’est écroulé sur la glace. On s’est tous demandé ce qui se passait, s’il venait de perdre le souffle. Puis il a tenté de se relever et là, il s’est écroulé pour de bon», relate le sauveteur.

Voyant que la situation était sérieuse, lui et trois autres coéquipiers – Christian Lamarche, Marc-André Gauvin et Jonathan Martel – sont intervenus en lui prodiguant les premiers soins.

«Il faisait une crise cardiaque, c’était clair», poursuit M. Caron.

«À notre arrivée, il était en arrêt respiratoire. À un moment, on ne sentait plus son pouls. On lui a donc fait le massage cardiaque afin de le réanimer. Durant ce temps, quelqu’un est allé chercher le défibrillateur installé en permanence dans l’aréna de Saint-Quentin. On a suivi les instructions, et ça s’est fait tout seul. L’engin lui a administré une décharge électrique, c’est tout ce qu’il a fallu pour le ramener à la vie», explique-t-il.

Quelques minutes plus tard, les ambulanciers de Saint-Quentin sont arrivés sur les lieux en renfort et ont pris le relais des hockeyeurs.

«Selon ce que les docteurs nous ont dit, la machine lui a sauvé la vie, mais ce sont nos massages cardiaques qui ont fait en sorte qu’il n’y ait pas de séquelles au cerveau», ajoute-t-il.

Pour ce dernier, l’incident démontre toute l’importance des défibrillateurs dans les lieux publics, mais également la pertinence de connaître les manœuvres de réanimation.

«Ça fait longtemps que je n’ai pas suivi de cours, mais j’ai déjà suivi une formation lorsque j’étais contremaître en forêt. Cela dit, les notions de base me sont toujours restées en tête», souligne M. Caron.

Celui-ci estime que, sans le savoir, son coéquipier a gagné à la loterie deux fois plutôt qu’une cette journée.

«Premièrement, il a fait sa crise cardiaque en présence de nombreuses personnes. Sachant que Daniel travaille en forêt, si ça s’était produit à ce moment, il aurait très bien pu y rester. Et deuxièmement, il a eu la chance d’avoir des massages cardiaques et un choc provenant d’un défibrillateur. Il a été très chanceux», note-t-il.

Dimanche dernier, deux semaines après l’incident, Daniel Dubé a franchi de nouveau les portes du vestiaire du CB, cette fois non pas pour jouer, mais plutôt pour venir remercier ses coéquipiers de lui avoir fait le plus beau des cadeaux de Noël: la vie.

«C’était très émotif», raconte M. Caron.

«Il est revenu nous rendre visite avec sa femme hier après un séjour à Québec où il a subi deux pontages, donc une opération à cœur ouvert. Il avait la larme à l’œil en nous remerciant. De notre côté, on lui a dit qu’on n’a fait que notre devoir, et je suis certain que dans la situation inverse, il aurait fait de même pour nous», soutient-il.

Est-ce qu’un incident de la sorte va changer la dynamique du reste de la saison des CB?

«On est habitué au hockey de voir des incidents se produire, des gars manquer de souffle après une collision ou ce genre de choses. Mais une crise cardiaque comme ça, c’est vrai que ça fait réfléchir. Par contre, il ne faut pas s’arrêter à cela. On rembarque quand même sur la glace tous les dimanches», dit-il.

PLUS DE DÉFIBRILLATEURS… ET DE VIES SAUVÉES

L’histoire de Daniel Dubé n’est pas unique dans la province. En fait, il s’agit du troisième cas à survenir dans le nord du Nouveau-Brunswick en l’espace d’un mois.

Le 14 novembre, Roger Parise, 68 ans de Petit-Rocher, a été sauvé grâce à la présence d’un défibrillateur alors qu’il s’adonnait au pickleball dans le gymnase de l’hôtel de ville de Bathurst. Quelques semaines plus tard, le 4 décembre, un hockeyeur a été réanimé alors qu’il jouait au Palladium de Saint-Jacques (Edmundston).

Trois cas en un mois dans le nord du Nouveau-Brunswick, une coïncidence? Oui et non croit Yves Goudreau, ambulancier de la région de Campbellton. 

S’il avoue que le court laps de temps entre ces trois événements peut paraître inusité, il croit que d’autres facteurs doivent être pris en ligne de compte. Parmi ceux-ci, la croissance constante du nombre d’incidences de crises cardiaques et le nombre toujours plus élevé de défibrillateurs présents dans les endroits publics.

«Plus il y a de défibrillateurs et de crises cardiaques, plus élevées sont les chances de voir ce genre d’intervention survenir. Cela dit, la plus grande coïncidence, c’est que ces gens ont fait leur crise proche d’un tel appareil et proche de personnes en état d’intervenir. Je dirais que c’est une heureuse coïncidence pour eux», dit M. Goudreau.

Selon lui, la beauté des défibrillateurs en cause dans ces trois cas, c’est qu’ils sont utilisables par M. et Mme Tout-le-Monde.

«Aucune formation n’est nécessaire. Aussitôt que l’appareil est ouvert, une procédure verbale s’active et on sait exactement quoi faire étape par étape», dit-il.

Centres sportifs, arénas, écoles, centres d’achat… On retrouve ces appareils de plus en plus couramment.

«On les installe dans les endroits où les probabilités sont fortes pour les gens de faire des crises cardiaques. Ce qui fait la différence entre la vie et la mort d’une personne qui vient d’avoir une crise cardiaque, c’est très souvent la rapidité d’intervention.»

«Avoir accès à un équipement comme ce défibrillateur – facile d’utilisation – est donc d’une très grande utilité. Avec ces appareils, on multiplie de beaucoup les chances de survie », souligne-t-il.

Que ce soit à Bathurst, Saint-Jacques ou Saint-Quentin, M. Goudreau soutient que ceux qui ont porté secours aux victimes ont réagi exactement comme il le fallait.

«C’est beau à voir, car c’est justement  la raison pour laquelle on a mis ces défibrillateurs dans ces lieux publics», soutient-il, ajoutant que la campagne pour munir les lieux publics de tels engins se poursuit.

C’est la Fondation des maladies du coeur et des AVC du N.-B. qui installe ces engins. Depuis le début de leur campagne, il s’agit des trois premiers incidents à être répertoriés.