Brian Gallant est la personnalité de l’année 2014

FREDERICTON – Pour son ascension fulgurante à la tête de la province, passant de simple citoyen à premier ministre du Nouveau-Brunswick en moins de 24 mois, Brian Gallant a été choisi Personnalité de l’année 2014 par les membres de la rédaction de l’Acadie Nouvelle.

À la même époque, il y a deux ans, Brian Gallant n’avait encore jamais été ministre ni même député. Le plus haut fait d’armes politique du jeune avocat, issu d’une famille modeste de Shediac Bridge, remontait alors aux élections provinciales de 2006 lorsqu’il avait réussi à récolter 41 % des voix à titre de candidat du Parti libéral dans la circonscription de Moncton-Est contre le premier ministre progressiste-conservateur sortant.

Les efforts de Brian Gallant, qui était alors toujours à l’université, ne lui avaient pas permis de vaincre Bernard Lord, mais sa performance avait cependant suffi à attirer sur lui de nombreux regards dans les cercles libéraux.

Adolescent ayant un vif intérêt pour la politique, c’est au début de l’âge adulte que le rôle de premier ministre est devenu pour lui un objectif à atteindre.

«C’était toujours derrière ma tête et ça guidait toujours mes décisions. Je n’ai jamais mis d’âge là-dessus ou de date limite», raconte celui qui a finalement été élu à la tête de la province à l’âge de 32 ans.

Brian Gallant avoue cependant que la course à la direction du Parti libéral, qui a suivi la défaite du gouvernement du premier ministre Shawn Graham aux élections de 2010, s’est présentée «plus tôt» qu’il ne l’avait prévu. C’était en effet la première fois dans l’histoire récente de la province qu’un gouvernement n’était pas réélu pour un deuxième mandat.

«J’étais à l’extérieur de la province, à Montréal, à l’Université McGill, pour faire ma maîtrise. C’est évident que je ne pensais pas que les choses allaient se dérouler comme ça, mais parfois, il faut saisir l’occasion qui est devant nous, et c’est ce que j’ai fait.»

Depuis l’annonce de sa candidature à la course à la direction du Parti libéral en janvier 2012, Brian Gallant peut se vanter d’avoir connu un parcours sans faute et une ascension fulgurante. Il a remporté coup sur coup la direction de son parti (octobre 2012), une élection partielle dans Kent (avril 2013) et les élections provinciales (septembre 2014).

Trois mois après son arrivée au pouvoir, le nouveau premier ministre compte déjà à son actif deux décisions qualifiées «d’historiques»: l’abolition de la règle dite des «deux médecins» en matière d’accès à l’avortement et la mise en oeuvre d’un moratoire sur la fracturation hydraulique, la technique controversée qui permet d’extraire le gaz naturel emprisonné dans le schiste.

Le gouvernement de Brian Gallant a également annoncé récemment une hausse du salaire minimum et une baisse de l’impôt sur le revenu des petites entreprises.

Selon un sondage de la firme Corporate Research Associates effectué à la fin novembre, la lune de miel entre l’électorat et le gouvernement se poursuit malgré quelques coups durs comme la démission d’un candidat libéral élu avant même son assermentation, suivie d’une défaite lors de l’élection partielle, ou des accusations de clientélisme politique dans l’attribution des contrats gouvernementaux de construction à la suite de la publication d’un courriel en provenance d’une association de circonscription libérale.

Brian Gallant a également promis de réaliser des économies de 250 millions $ au sein de l’appareil gouvernemental dès 2016-2017 à l’aide d’une révision stratégique des programmes. Des décisions difficiles sont donc à prévoir, admet le premier ministre.

«Nous avons d’importantes décisions devant nous. Nous allons prendre ces décisions et nous allons les prendre ensemble.»