La GRC tire les leçons de la fusillade de Moncton

Le rapport liste une soixantaine de recommandations.  - Acadie Nouvelle: Anthony Doiron
Le rapport liste une soixantaine de recommandations. – Acadie Nouvelle: Anthony Doiron

MONCTON – Une mauvaise communication entre les policiers ainsi qu’un manque d’équipement et de formation sont mis en évidence dans le rapport rendu public vendredi matin par la Gendarmerie royale du Canada. Plusieurs erreurs tactiques ont été commises par la GRC lors de la fusillade de Moncton.

Le nombre d’agents de la GRC au Nouveau-Brunswick entraînés pour manier une carabine est passé de 2 à 120 en 7 mois. C’est ce que révèle le rapport indépendant contenant 64 recommandations à la GRC suite aux événements du 4 juin 2014, qui ont fait 3 morts et deux blessés dans les rangs de la police.

Avant l’incident, il était inhabituel pour les membres du Détachement de Codiac de prendre des fusils au début de leur quart de travail, la pratique consistant à garder la majorité les armes sous clé. Les carabines sont depuis facilement accessibles aux membres du corps policier.

Les membres des services généraux du Détachement de Codiac ne possédaient également pas de formation pour utiliser la carabine de patrouille. Selon le rapport, l’épreuve annuelle de qualification au tir à la carabine de détachement n’est plus obligatoire. Très peu des premiers intervenants étaient qualifiés pour utiliser cette arme.

Les gilets pare-balles rigides sont aussi évoqués dans le rapport MacNeil. Toutes les voitures n’étaient pas équipées de gilet pare-balles rigide (GPBR). L’équipe d’examen a appris durant les entrevues qu’une membre avait choisi de ne pas porter de GPBR pour le laisser à son collègue, qui avait des enfants. Le rapport souligne toutefois que le dispositif de protection n’aurait pas permis de sauver de vies ni de réduire la gravité des blessures, en raison de l’emplacement des blessures des policiers.

Le rapport fait état d'erreurs tactiques au cours de l'intervention du 4 juin 2014. - Archives
Le rapport fait état d’erreurs tactiques au cours de l’intervention du 4 juin 2014. – Archives

Un complément de formation sur la position dominante armée aurait également pu sauver la vie de policiers, même si la présence de nombreux civils et la topographie du quartier les ont poussés à s’approcher rapidement du tueur. Le sous-commissaire explique que le gendarme Fabrice Gevaudan aurait dû effectuer un repositionnement tactique lors de son arrivée sur les lieux où se trouvait le tueur. Faute de bien connaitre le quartier, il ne pouvait pas se douter que le chemin qu’il avait choisi allait l’exposer à d’autres coups de feu.

L’étude indépendante a été réalisée pas le sous-commissaire à la retraite Alphone MacNeil. L’étude exhaustive de près de 200 pages contient plus de 64 recommandations précédées d’une description narrative très détaillée des événements, jusqu’à l’arrestation du tueur.

Il faudra au total 3 ans pour que toutes ces recommandations soient mises en œuvre au sein des forces policières, selon l’échéancier proposé.

LES ÉPOUSES DES VICTIMES SATISFAITES DU RAPPORT

Les veuves des trois policiers tués lors de la fusillade du 4 juin 2014, Angela Gevaudan, Rachael Ross et Nadine Larche, ont rencontré les médias après la publication du rapport d’Alphonse MacNeil.

Mme Gevaudan a mentionné qu’elle doutait de l’impartialité de M. MacNeil quand il a commencé son enquête puisqu’il est un ancien policier. Cependant, elle a appris à lui faire confiance.

«J’admets que j’étais originalement sceptique de ses intentions, étant donné qu’il est un membre de la GRC à la retraite. Je suis certain que d’autres ont partagé cette inquiétude. Par contre, j’ai appris à connaître et à apprécier son intégrité et son approche impartiale. C’est quelque chose que je ne dis pas à la légère. Je crois entièrement dans ces recommandations.»

La veuve de Fabrice Gevaudan, visiblement émotive, a ensuite lancé un appel à la solidarité.

Pour lire le rapport complet:

Examen Indépendant – Fusillade de Moncton – 4 juin 2014 by PascalRN