Le vaccin contre la grippe a été inefficace cette année

TORONTO – Le vaccin administré au Canada cette année contre la grippe saisonnière a été inefficace. En fait, des données publiées vendredi révèlent que le taux d’efficacité de la campagne de vaccination a été de 0 % au Canada.

Le vaccin n’a donc pas offert une protection assez importante pour réduire le nombre de consultations médicales. Ces résultats sont nettement inférieurs à ceux d’une étude américaine, publiés plus tôt ce mois-ci.

L’étude américaine concluait que le vaccin avait réduit de 23 % les risques de contracter le virus et d’être assez malade pour consulter un médecin.

Or, ce taux de réussite est déjà bien inférieur à celui habituellement atteint par un vaccin contre la grippe saisonnière, qui se situe entre 50 et 70 %.

L’auteure de l’étude canadienne, la docteure Danuta Skowronski, explique que jusqu’ici cette année, la plupart des cas de grippe ont été causés par des virus de type H3N2 et que les vaccins protègent uniquement contre les souches B et H1N1 de l’influenza.

Aux États-Unis, le H3N2 est aussi la cause principale des cas de grippe, mais le tiers des virus présents dans le pays sont compatibles avec la souche contenue dans le vaccin.

L’étude canadienne suggère que ceux qui n’avaient pas été vaccinés l’an dernier mais qui l’ont été cette année ont bénéficié d’une protection supérieure à ceux qui ont été vaccinés les deux années.

Les résultats de l’étude ont été publiés dans la revue scientifique en ligne Eurosurveillance, publiée par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies.

UNE RARETÉ, SELON UN PHARMACIEN DE DIEPPE

 Dennis Abud est pharmacien depuis une quinzaine d’années. Depuis le début de sa carrière, il s’agit seulement de la deuxième fois que le vaccin contre la grippe a un taux d’efficacité aussi faible.

Il explique que des scientifiques effectuent chaque année des études à l’échelle internationale afin de déterminer quelle souche de la grippe sera prédominante au pays. Cette année, ils avaient conclu que ce seraient les souches H1N1 et B, et avaient donc développé leur vaccin en conséquence. Cependant, quand la saison de l’influenza est arrivée, c’est plutôt la souche H3N2 qui a frappé de plein fouet.

«Cette année, il y a quelque chose qui a lâché. Parfois, c’est que le virus subit une mutation juste avant le début de la saison de grippe. Là, on l’a mal pogné», affirme M. Abud.

Le pharmacien du magasin Jean Coutu à Dieppe espère que les gens ne se feront pas une mauvaise opinion sur les vaccins contre la grippe en raison du faible taux de protection cette année. Si tout va comme prévu, l’an prochain, les taux d’efficacité retourneront à la normale, soit de 50 à 70 %.

«C’est un peu plate que ça arrive. Le monde est peut-être frustré qu’ils se soient fait vacciner puis que ça ne marche pas.»

«Je ne veux pas que ça décourage le monde. On avance du bon pas. Les gens sont plus au courant des bienfaits des vaccins.»

Cette année, les pharmaciens ont observé une augmentation considérable du nombre de personnes qui ont demandé leur vaccin. Il était plus accessible que jamais, plus de pharmaciens étant qualifiés pour l’administrer.