Theoren Fleury: la vie après les abus sexuels

MONCTON – Theoren Fleury a mis plusieurs années à apprendre à vivre avec l’abus sexuel qu’il a subi étant adolescent. Il souhaite maintenant inspirer les victimes qui souffrent seules à briser le silence.

«Il y a 10 ans, j’avais un pistolet chargé dans ma bouche. Aujourd’hui, je suis devant vous pour vous raconter mon histoire.»

L’ambiance était lourde au campus de l’Université de Moncton,vendredi, où près de 200 personnes se sont déplacées pour écouter l’ancienne vedette de la LNH raconter son cheminement vers la guérison.

Assis aux côtés de sa thérapeute et coauteur de son livre, Conversation with a Rattlesnake (Conversations avec un serpent à sonnette [Traduction libre]), le célèbre no 14 des Flames de Calgary a expliqué comment les victimes d’abus sexuels doivent faire la paix avec ce passé qui risque de les autodétruire.

Theo Fleury était âgé de 14 ans lorsque son agresseur, un ancien entraîneur de la Ligue de hockey junior de l’Ouest, a abusé de lui. Graham James le forçait à dormir chez lui deux fois par semaine, où il l’a agressé à plus de 150 reprises sur une période de deux ans.

Kim Barthel explique que les victimes d’abus sexuels ont souvent tendance à croire que les événements sont de leur faute, alors qu’il n’en est rien.

«Les victimes d’abus sexuel ont souvent eu une enfance difficile, ce qui les rend des proies faciles pour les pédophiles. Theo venait de trouver quelqu’un qui croyait en lui, mais c’était pour des motifs sexuels. C’est un abus sexuel, mais aussi un abus de confiance et de pouvoir.»

Theo Fleury raconte être issu d’une famille dysfonctionnelle.

«Mon père était un alcoolique et ma mère une mangeuse de pilules. Mes parents ne portaient jamais attention à moi et ne faisaient que se quereller. Tout ça m’a rendu vulnérable, et maintenant je le réalise.»

L’ancien ailier droit des Flames de Calgary a lui-même succombé à l’alcoolisme, une dépendance qu’il attribue aux traumatismes qu’il a vécus aux mains de son agresseur. Ce n’est que lorsqu’il a rencontré sa thérapeute Kim Barthel, une spécialiste du développement cognitif des enfants victimes d’abus, que l’ancien hockeyeur a réellement entamé son processus de guérison.

«Ce livre est le résultat de deux ans de conversations thérapeutiques entre Kim et moi. Comme un serpent à sonnette, j’ai graduellement mué ma peau, mon mal.»

La conférence aura trouvé écho auprès de l’auditoire. Plusieurs admirateurs ont profité de la tribune pour prendre des photos avec la légende du hockey, dont Nick White, qui a fait dédicacer son chandail de hockey.

«Il est une inspiration pour nous tous. Imaginez tout le courage que ça prend pour aller de l’avant et briser le silence pour aider les gens. Il mérite un trophée, ce sera toujours mon idole.»

Theo Fleury et Kim Barthel se dirigeront à Saint-Jean demain, où ils termineront leur tournée canadienne.