Déneiger et respecter le budget: un grand défi pour les municipalités

CARAQUET – Le déneigement, impossible pour les municipalités d’y échapper. Mais elles ne le payent pas toutes de la même manière. Tour d’horizon des budgets alors que les tempêtes se succèdent à un train d’enfer.

Saint-Jean compte plus d’un mètre de neige durcie au sol. - Collaboration spéciale: Guy Verna
Saint-Jean compte plus d’un mètre de neige durcie au sol. – Collaboration spéciale: Guy Verna

Pelletage et déneigement sont devenus les premières préoccupations des habitants du Nouveau-Brunswick. En une dizaine de jours, quatre tempêtes ont parcouru la province amenant avec elles son lot de neige et de blizzard.

Le sud-est est particulièrement touché. La situation est telle que la Ville de Saint-Jean a décrété l’état d’urgence lundi soir. C’était avant que ne s’abattent près de 30 cm dans la nuit.

Et les choses ne vont pas s’améliorer, puisqu’Environnement Canada prévoit des précipitations pour jeudi et vendredi. Dans ce contexte, les municipalités néo-brunswickoises craignent-elles de voir leur budget de déneigement fondre comme neige au soleil?

Un état des lieux dans la province fait apparaître deux positions. Il y a celles qui se tiennent sur leurs gardes, dans le sud-est par exemple (lire encadré), et il y a celles qui n’affichent pas une once d’inquiétude.

«On paye un coût fixe. Ça évite les mauvaises surprises, informe Joanne Richard, directrice générale à Shippagan où le déneigement est assuré par une entreprise privée. Tous les trois ou quatre ans, on fait un appel d’offres. En ce moment, on a un contrat avec Trans Provinciale (basée à Haut-Lamèque, ndlr).»

Annuellement, la Ville de Shippagan débourse 227 000 $ pour le service.

«C’est sûr que quand y a pas de neige, on se dit qu’on n’a payé pour rien. Mais quand y en a, on pense l’inverse», sourit Joanne Richard.

Même son de cloche du côté de Beresford, Petit-Rocher et Tracadie qui ont fait le même choix.

«La quasi-totalité de notre budget est sur la base d’un montant fixe. Les tempêtes ne représentent pas un fardeau financier», assure Denis Poirier, directeur général à Tracadie. Les municipalités ont de quoi se réjouir de ces accords.

Qu’en est-il pour les prestataires? Leur marge est-elle déjà réduite à une portion congrue? Difficile à dire, car les personnes chargées de dégager les rues et les entrées des maisons ne chôment pas. Qu’importe si le mercure dépasse les -30° comme c’était le cas hier, elles mettent le nez dehors.

«On est pas mal occupé», confirme-t-on chez Trans Provinciale. Tant est si bien que le responsable de l’entreprise était injoignable hier. «Il est sur le terrain.»

Chez Boudreau 2000 – qui travaille pour Tracadie -, le patron était, lui aussi, accaparé par les opérations de déneigement.

Elles mobilisent un tiers de l’effectif de l’entreprise, soit 10 employés qui embauchent parfois avant le lever du soleil et doivent composer avec un froid glacial. Parole d’expert, cet hiver n’a pourtant rien d’anormal.

«Auparavant, y avait plus de neige, mais elle tombait de manière plus étalée. Là, les tempêtes sont plus rapprochées», analyse-t-on chez Boudreau 2000.

La saison n’est pas finie. Encore moins si on en croit les marmottes qui en voyant leur ombre lundi nous ont prédit six semaines d’hiver supplémentaires.