Le nombre de travailleurs paramédicaux bilingues est en baisse

FREDERICTON – Le nombre de travailleurs paramédicaux bilingues était en baisse l’an dernier dans la province. Ambulance Nouveau-Brunswick promet un nouveau plan en matière de bilinguisme d’ici six mois.

Ambulance NB comptait 21 travailleurs médicaux bilingues de moins dans ses rangs en 2014 en comparaison à l’année précédente. Cette donnée n’a pas manqué de faire sourciller les députés du comité permanent des corporations de la Couronne, vendredi, à Fredericton.

«Nous savons déjà que chez Ambulances NB, environ 45 % des ambulanciers sont bilingues. Il y a eu une petite diminution au cours des années, mais nous voulons surtout nous assurer que le service demeure au niveau actuel et qu’il aille en s’améliorant», a commenté le député libéral de Shippagan-Lamèque-Miscou, Wilfred Roussel, après le passage des hauts dirigeants de la société d’État devant le comité.

Le pourcentage de travailleurs paramédicaux bilingues est passé de 47,5 % à 42,3 % chez Ambulance NB entre 2013 et 2014.

L’organisme compte dorénavant 440 travailleurs paramédicaux bilingues, 540 anglophones unilingues ainsi que 58 francophones unilingues.

Ambulance NB a fait l’objet de plusieurs plaintes au cours des dernières années de la part de francophones en détresse qui ont été secourues par des travailleurs paramédicaux unilingues anglophones, particulièrement dans la région de Dieppe.

Le président de la société de la Couronne, Matt Crossman, a expliqué cette baisse du nombre d’employés bilingues en partie par de nombreux départs à la retraite et des difficultés de recrutement.

«Le nombre de travailleurs paramédicaux qui partent à la retraite est plus grand que ceux que nous pouvons recruter au Nouveau-Brunswick. En fait, nous avons essentiellement embauché tous les travailleurs paramédicaux bilingues qui voulaient travailler pour nous», a-t-il assuré.

M. Crossman a confié au comité qu’Ambulance NB travaille en ce moment sur un nouveau plan, qui sera dévoilé d’ici six mois, afin d’améliorer son bilan en matière de bilinguisme.

«Notre but, c’est d’avoir au minimum un employé bilingue dans chacune de nos ambulances.»

En plus d’offrir déjà des logiciels d’apprentissage à ses travailleurs paramédicaux afin qu’ils améliorent la maîtrise de leur langue seconde, la société d’État entend offrir de la formation en salle de classe à ses employés en partenariat avec l’Université de Moncton et l’Université du Nouveau-Brunswick.

Ambulance NB doublera également ses efforts de recrutement dans les écoles de la province, surtout auprès des élèves bilingues.

«Il y a des emplois disponibles, surtout dans les communautés rurales, surtout si vous êtes bilingues», a indiqué M. Crossman.

L’agence évaluera aussi à nouveau les compétences de ses employés dans leur langue seconde. Le syndicat des travailleurs paramédicaux a dénoncé à plus d’une reprise l’ancien plan qui favorise à son avis injustement les employés bilingues.

Aucun travailleur paramédical ne doit craindre de perdre son emploi, a affirmé le président d’Ambulance NB, mais l’agence doit absolument faire du progrès en matière de bilinguisme.

«Nous vivons dans une province bilingue et nous voulons offrir ce service. C’est très important pour nous.»

Nommé à la présidence de la société de la Couronne en novembre, Matt Crossman a personnellement l’intention de passer bientôt du temps en immersion au Québec, en plus de se perfectionner à l’Université de Moncton. Il a comparu devant le comité des corporations de la Couronne et a répondu aux questions des journalistes en anglais seulement.