DALHOUSIE – La branche restigouchoise de la Société généalogique du Nouveau-Brunswick cessera bientôt de fonctionner faute de bénévoles prêts à en assumer la direction.

Cela fait 32 ans que la Société généalogique du Restigouche aide les citoyens d’un peu partout à reprendre contact avec leurs racines.

Actuelle présidente, Suzanne Blaquière fait pratiquement partie des meubles de l’organisme. «Je me suis impliquée l’année après sa création et je n’ai jamais cessé depuis», raconte-t-elle.

Véritable passionnée de généalogie, elle avoue toutefois que maintenir la société sur pied est devenu avec les années une tâche passablement ardue. «Malheureusement, on ne rajeunit pas, et les bénévoles se font de plus en plus rares. Aussi, étant une filiale de la Société généalogique du Nouveau-Brunswick, on doit s’acquitter de certaines tâches, comme écrire des articles dans leur publication, et aussi faire notre comptabilité d’une certaine manière. Nous n’avons tout simplement plus les effectifs en place pour continuer», explique-t-elle.

Bien que la société cessera ses opérations sous peu, toute la documentation accumulée durant les années demeurera, elle, à la bibliothèque du Centenaire de Dalhousie. Les archives comportent des registres paroissiaux (protestantes et catholique) et de cimetière, des études de familles, d’anciens journaux et des recensements. Certains documents ont d’ailleurs plus de 200 ans. «On a un peu de tout, datant de l’époque de la création du comté (1837), et même avant. Soit des registres de mariages provenant de la région de Carleton en Gaspésie datant des années 1700, puisque ce sont les prêtres de cette paroisse qui venaient marier les gens ici.»

Elle ajoute qu’il est important à ces yeux que les documents demeurent au Restigouche.

Car cette collection, pour les adeptes, est une véritable caverne au trésor. Mais encore faut-il savoir naviguer dans toute cette paperasse. À cet effet, Mme Blaquière assure que même si la société généalogique du Restigouche cessera d’exister, elle et d’autres bénévoles continueront à leur manière d’aider les gens à orienter leurs recherches. «C’est bien d’avoir accès à la documentation, mais encore faut-il savoir où chercher et quoi chercher. La généalogie, c’est un véritable travail de détective. Avec les années, on a acquis une certaine expertise dans le domaine local. On sait par exemple que la famille Lapointe était, au départ, des Audet dit Lapointe. Quelqu’un qui ne le sait pas peut chercher longtemps et bloquer rapidement», dit-elle.

«La généalogie, c’est vraiment populaire. Beaucoup plus qu’on le croit. Il vient un âge où les gens ont le besoin de savoir d’où ils viennent, de se reconnecter avec le passé, avec leurs ancêtres. Pour ma part, ça remonte à très loin. Ma mère en faisait, et elle adorait ça. Faut croire qu’on a ça dans le sang dans la famille», dit-elle.

La Société de généalogie du Restigouche deviendra inactive d’ici quelques mois. Elle demeurera toutefois «en vie» sur papier pendant une période de cinq ans comme le veulent ses règlements, question de permettre à d’autres de reprendre les activités. «La société comme on la connaît aujourd’hui va cesser ses opérations, mais ça ne sera toutefois pas la fin de la généalogie au Restigouche. Il va toujours rester des passionnées derrière», conclut Mme Blaquière.