Trop de jours de tempête pour les écoliers?

CARAQUET – Les jeunes de la Péninsule acadienne ont eu droit à un avant-goût du congé de mars cette semaine, alors que les écoles de la région ont été fermées pendant au moins trois jours en raison de la météo.

L’hiver au Nouveau-Brunswick n’est pas particulièrement clément cette année.

Les conditions météorologiques poussent les districts scolaires francophones de la province à prendre des décisions qui ne sont pas toujours comprises par tous. Toutes les écoles de la Péninsule acadienne sont restées fermées jeudi au lendemain d’une tempête qui a laissé 52 cm de neige sur le sol.

Plus tôt cette semaine, les écoles du District scolaire francophone Sud ont été fermés ainsi que celles de la Péninsule acadienne, la région Chaleur et certains établissements du Nord-Ouest.

Dans le District scolaire francophone Nord-Est, les élèves de la Péninsule acadienne ont déjà raté 15 journées d’école depuis le 3 novembre, tandis que ceux de la région Chaleur ont eu droit à 12 congés inattendus.

Le Nord-Ouest n’a pas été épargné non plus. Le District scolaire francophone Nord-Ouest a fermé les écoles à neuf reprises depuis novembre.

Les élèves du District scolaire francophone Sud ont manqué 11 jours de classe en raison des intempéries.

Puisqu’il reste très peu de journées de formation pédagogique au calendrier qui pourraient être annulées, les responsables du sud de la province n’ont plus beaucoup de marge de manœuvre pour reprendre les journées manquées, souligne Steve Lapierre, coordonnateur des relations stratégiques au District scolaire francophone Sud.

La situation n’est toutefois pas insurmontable, rappelle-t-il.

«Toutefois, nous avons demandé au personnel des écoles de reconsidérer la tenue de toutes les activités jugées non essentielles et d’accorder la priorité à l’enseignement des programmes d’études jusqu’à la fin de l’année scolaire de sorte que tous les concepts aux programmes puissent être couverts et maîtrisés par les élèves.»

Il est aussi peu probable que les districts scolaires proposent d’autres moyens pour reprendre les journées perdues tels qu’un prolongement de l’année scolaire ou des cours le week-end.

«Le calendrier scolaire appartient au ministre de l’Éducation. Il est développé en respectant les clauses de la convention collective des enseignants, entre autres. Ce fait ne permet donc pas de prolonger l’année scolaire au-delà de la fin juin, de faire l’école le samedi ou d’annuler le congé de mars, par exemple», dit Steve Lapierre.

En temps normal, le calendrier scolaire prévoit environ 180 jours de scolarité, y compris deux demi-journées par mois qui permettent aux enseignants d’échanger sur leurs méthodes pédagogiques.

Les nombreuses fermetures font néanmoins réagir plusieurs, y compris les députés à Fredericton.

«Écoles anglaises au Restigouche fermées, écoles francophones ouvertes! Difficile à comprendre», a lancé le député libéral de Campbellton-Dalhousie, Donald Arseneault.

Interrogé mercredi à l’Assemblée législative, le ministère de l’Éducation Serge Rousselle a laissé entendre qu’il est prêt à discuter avec les districts scolaires de la province pour s’assurer que les élèves soient en mesure d’atteindre les objectifs fixés dans le curriculum.

Population rassurée

Malgré certaines préoccupations, plusieurs préfèrent que les écoles soient fermées plutôt que de mettre la vie des élèves en péril.

Ils ont été nombreux à répondre à une question à ce sujet sur la page Facebook de l’Acadie Nouvelle.

«C’est préférable de perdre quelques jours de classe au lieu de perdre la vie de nos jeunes», dit Rose-Marie Chiasson.

«Les enseignants sont des professionnels et savent s’adapter pour être certains que les objectifs des programmes soient enseignés. La sécurité des jeunes devrait être notre principale préoccupation!», lance Bernice Caissie.

«Les enseignants sont les spécialistes de l’éducation et ils vont adapter leur pédagogie en fonction du temps qu’il reste d’ici le dernier jour de classe en juin. Je ne crois pas qu’il y ait lieu d’allonger l’année scolaire», écrit Kevin Burke.