Révision stratégique: la SANB présente son plan

FREDERICTON – La Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) propose des hausses de taxes et d’impôts afin d’éviter tout recul dans les domaines de la santé, de l’éducation et de l’immigration pour les francophones.

«La SANB demande à ce que les budgets voués aux francophones en terme d’éducation, de santé et d’immigration ne soient pas affectés», peut-on lire à la première page du mémoire de l’organisme présenté au gouvernement dans le cadre de l’examen stratégique des programmes.

Fredericton est à la recherche de 500 millions $ à 600 millions $ d’économies ou de nouveaux revenus d’ici 2016 afin de se débarrasser du déficit structurel.

Afin d’y arriver, la SANB propose notamment au gouvernement d’augmenter la taxe de vente harmonisée (TVH) et l’impôt des particuliers. L’organisme souhaite également créer de nouvelles taxes sur la malbouffe et les produits de luxe en plus de hausser celle sur les produits du tabac.

La liste des propositions de l’organisme en ce qui concerne la réduction des dépenses est cependant beaucoup plus courte. Si la SANB admet que «des économies importantes peuvent être réalisées en santé», ces épargnes passent surtout par la «restructuration des gros hôpitaux», avancent les auteurs du mémoire.

«Plusieurs services sont proposés en double ou en triple du côté des gros hôpitaux anglophones», rappelle la SANB qui met en garde le gouvernement contre «la fermeture des petits hôpitaux» ou «la réduction de services en santé pour les francophones.»

Les services de santé pour les francophones sont toujours en mode «rattrapage» au Nouveau-Brunswick et le plan de cinq ans (2013-2018) annoncé par le précédent ministre de la Santé (9 millions $) ne sera pas suffisant, prévient-on dans le mémoire. «Pour que le rattrapage complet soit achevé, il est nécessaire qu’un plan suive celui-ci.»

En éducation la communauté francophone attend aussi les fonds qui lui ont été promis «pour permettre à l’école francophone de remplir sa double mission», plutôt que des coupes. Selon un rapport de l’économiste Pierre-Marcel Desjardins, les besoins de l’école francophone sont de 11 millions $. En 2014, le gouvernement avait consenti à une première hausse de 1,5 million $.

La SANB demande également une baisse des frais de scolarité des universités et des collèges «afin de relancer l’économie» ainsi qu’une «dualité complète» des services de la petite enfance, «incluant les garderies éducatives homogènes».

L’éducation et la santé sont les deux plus importants postes budgétaires de l’État néo-brunswickois. Ensemble, ils représentent 59,6 % du budget provincial.

Le Nouveau-Brunswick mise sur l’immigration afin de renverser la tendance démographique à la baisse. «Les flux d’immigration actuels ne respectent toutefois pas l’équilibre linguistique», ajoute la SANB, rappelant l’existence du plan d’action pour favoriser l’immigration francophone qui a été mis en place l’an dernier.

«Pour soutenir ce plan, il faut des fonds. C’est pour cela que les coupes budgétaires ne peuvent affecter ce point», assure l’organisme.

D’après les données utilisées par la SANB dans son mémoire, l’augmentation de deux points de la TVH pourrait générer 250 millions $. Le rétablissement du taux d’imposition des particuliers au niveau de 2008 permettrait aussi de faire croître les revenus du Nouveau-Brunswick de 230 millions $ par année.

Si la province décide d’adopter ces idées pour aller chercher de nouveaux revenus, «un mécanisme d’aide aux plus démunis serait toutefois à mettre en place.»