Relance économique du Nord: des maires «frustrés»

CARAQUET- Un manque de communication entre le gouvernement provincial et les élus locaux du Nord du Nouveau-Brunswick pousse plusieurs à dénoncer la démarche du député libéral Bill Fraser, actuellement en tournée pour élaborer un nouveau Fonds de relance du Nord et de la région de Miramichi.

Une réunion dans la région Chaleur a attiré peu d’élus locaux. La plupart ont reçu l’invitation à peine 24 heures avant la tenue de cette rencontre en compagnie du ministre responsable du fonds, Bill Fraser.

Des maires de la Péninsule acadienne contactés par l’Acadie Nouvelle, soit Mathieu Chayer, maire de Saint-Léolin et Jason Godin, maire de Maisonnette, disent ne pas avoir reçu d’invitation pour une réunion à Caraquet.

«Je n’en ai pas reçu. Je suis un peu frustré», résume le maire de Maisonnette, Jason Godin.

Les municipalités peuvent pourtant jouer un rôle important dans la mise en œuvre d’un plan pour le développement économique, croient-ils.

«Faut croire qu’il y a eu une erreur, mais c’est important que les municipalités puissent jouer un rôle. Le gouvernement municipal c’est le gouvernement qui est le plus proche des gens», rappelle Mathieu Chayer.

«On ne peut pas centraliser le développement économique à Fredericton, surtout dans une région comme le Nord qui connaît des difficultés économiques. Il faut sortir des sentiers battus. Qu’on nous donne les outils pour réaliser des projets», ajoute M. Godin.

La communication semble avoir été mieux diffusée dans le Restigouche et le Madawaska. La plupart des maires étaient présents jeudi matin à une rencontre à Campbellton, souligne le maire de Dalhousie, Clem Tremblay. Ils étaient également plusieurs à prendre part aux discussions à Saint-André, près de Grand-Sault, confirme le maire de Grand-Sault, Richard Keeley.

La situation frustre néanmoins l’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick et son président, Roger Doiron.

«Premièrement, on ne connait pas les véritables objectifs de cette consultation, s’il y en a, et aucun document préparatoire ou de réflexion n’a été diffusé à l’avance. Il est difficile de voir ce qui pourra ressortir de constructif d’un tel exercice», dit-il.

«Quant à la forme, c’est à la limite catastrophique. Plusieurs élus n’ont reçu aucune invitation tandis que dans la région Chaleur, par exemple, celle-ci est arrivée à peine 24 heures avant la tenue de la rencontre avec le ministre. Ce n’est pas sérieux et ce n’est certainement pas quelque chose pour accroitre la participation et l’engagement. Pour le milieu municipal et notre association, c’est carrément une insulte alors que l’on cherche présentement à accroître le rôle que peuvent jouer les communautés en matière de développement économique.»

Nos sollicitations auprès du gouvernement provincial pour des explications sont demeurées sans réponse.

«Les choses se sont faites à l’envers»

La tournée du ministre Bill Fraser commence à peine quelques jours après la fin d’une autre tournée du gouvernement libéral concernant la révision stratégique des programmes qui avait pour but de trouver des économies de près d’un demi-milliard de dollars.

Même si le Conseil économique du Nouveau-Brunswick (CENB) soutient le renouvellement du fonds de relance du Nord et de la région de Miramichi, la démarche du gouvernement surprend l’organisme.

«Le gouvernement vient tout juste de terminer ses consultations pour la révision stratégique des programmes. Nous ne connaissons pas encore les résultats de cette révision, ni la vision ou le plan de développement économique de la province.  Les choses sont encore faites à l’envers», indique la directrice générale du CÉNB, Anne Hébert.

Le fait que le gouvernement annonce un renouvellement du fonds sans dévoiler son plan de développement économique demeure l’une des préoccupations principales du CÉNB.

«Le Nord doit être inclus dans un plan de développement économique global et non séparé. Au CÉNB, nous sommes d’avis qu’il faut éviter les situations qui créent un déséquilibre économique nord-sud, puisque lorsque les économies régionales se portent bien, c’est l’ensemble de la province qui en bénéficie», ajoute Anne Hébert.