Égalité santé en français brandit la menace des tribunaux

FREDERICTON – Égalité santé en français brandit la menace des tribunaux afin de forcer le ministre de la Santé à discuter de gouvernance.

Le groupe de pression présidé par le Dr Hubert Dupuis tente de rencontrer le ministre Victor Boudreau depuis l’élection du gouvernement libéral, en septembre. Le comité a échangé pas moins d’une vingtaine de lettres, de courriels et d’appels téléphoniques avec le gouvernement, sans succès.

Égalité santé en français veut notamment s’entretenir avec le ministre au sujet de la gouvernance du système de santé, de la centralisation des services de soutien, de la fermeture des hôpitaux ruraux et de l’arrêt de certains services.

«En cas de fin de non-recevoir, nous n’aurons aucun (autre) choix que de procéder devant les tribunaux pour assurer la protection des droits de la minorité francophone du Nouveau-Brunswick à cet égard», a prévenu le groupe dans un communiqué de presse, mardi.

Dans une lettre datée du 13 mars, M. Boudreau écrit être «disposé» à rencontrer les représentants du comité, «mais mon horaire ne me permet pas de convoquer cette rencontre avant le mois d’avril.»

Victor Boudreau a répété en chambre, mardi, que son horaire était très chargé.

«Je reçois des demandes de rencontres chaque jour et chaque semaine, et nous tentons de les planifier en bonne et due forme. Parfois, il faut plus de temps pour rencontrer certains groupes comparativement à d’autres.»

Selon le Dr Dupuis, «il est inacceptable que le ministre Boudreau n’ait pas encore rencontré Égalité santé en français».

S’il se dit prêt à rencontrer le comité lorsque son emploi du temps le permettra, Victor Boudreau refuse catégoriquement de discuter de gouvernance.

«Je dois aussi réitérer le point que la gouvernance ne sera pas sujet à discussion lors de la rencontre que vous proposez», écrit-il.

Égalité santé veut parler avec le ministre de la façon dont sont choisis les membres du conseil d’administration du Réseau de santé Vitalité (seulement huit sur quinze sont élus par la communauté) ainsi que de leur pouvoir limité en ce qui concerne l’embauche ou le congédiement du président-directeur général (une prérogative du ministre de la Santé).

Selon Égalité santé, M. Boudreau tient surtout à éviter de parler du congédiement en novembre du PDG du Réseau de santé Vitalité, Rino Volpé. Ce dernier a lancé une poursuite contre la province à la suite de son renvoi.

«Nous comprenons fort bien que vous ne voulez pas discuter du dossier Volpé; cela n’était pas notre intention», écrivent les représentants d’Égalité santé en français dans une missive au ministre, le 4 mars 2015.

Mais Victor Boudreau persiste et signe: pas question de parler de gouvernance tant que la poursuite de Rino Volpé est en cour.

«La poursuite impliquant M. Volpé concerne aussi la question de la gouvernance. C’est tout relié et évidemment, lorsque quelque chose est devant les tribunaux, on ne peut pas en parler», a indiqué M. Boudreau aux journalistes. Égalité santé et Rino Volpé «se promènent main dans la main», a-t-il assuré.

L’avocat d’Égalité santé, Ronald Caza, qui a défendu la communauté franco-ontarienne contre la fermeture de l’Hôpital Montfort, représente également M. Volpé dans sa poursuite contre le gouvernement.

Dans son communiqué, Égalité santé affirme que le ministre de la Santé ne leur laisse «aucune autre alternative que la voie des tribunaux.»

La critique de l’opposition officielle en matière de Santé, Madeleine, Dubé, a mis en garde M. Boudreau contre les coûts d’une éventuelle poursuite. «Je trouve ça déplorable. C’est encore l’argent des contribuables. (Le ministre) a juste besoin de les rencontrer et d’avoir un dialogue.»

La députée progressiste-conservatrice a cependant préféré ne pas se prononcer sur les revendications d’Égalité santé en français concernant la gouvernance du réseau francophone de la santé.