Neuf ans plus tard, il obtient dédommagement

TRACADIE – Près d’une décennie après avoir été blessé gravement dans un accident de la route, un homme de la Péninsule acadienne s’est finalement entendu avec la compagnie d’assurance Royal & Sun Alliance.

Donald Thomas, de Tracadie, demandait un million $ en dédommagement à suite d’une collision survenue en novembre 2005. Une entente a été conclue lundi avec Royal & Sun Alliance après un passage devant la Cour du Banc de la Reine, à Miramichi.

L’homme de 77 ans n’est pas entièrement satisfait du montant obtenu (qui ne peut être dévoilé en raison d’une clause de confidentialité), mais après neuf ans de démarches, l’offre était la plus généreuse jusqu’à maintenant. Il dit avoir dépensé près de 100 000 $ en frais juridiques. Royal & Sun Alliance ne souhaite pas commenter l’affaire.

De façon générale, les montants offerts par les compagnies d’assurances aux victimes sont peu élevés, déplore-t-il.

M. Thomas tente de faire connaître sa cause depuis longtemps. Il s’est même présenté aux élections provinciales en 2014 comme candidat indépendant. Il a notamment évoqué son cas lors d’un débat entre les candidats de la circonscription de Tracadie-Sheila.

Le 21 novembre 2005, Donald Thomas, alors âgé de 67 ans, se rendait à Lamèque pour visiter son épouse atteinte de sclérose en plaques. En cours de route, sa voiture est heurtée par une camionnette.

Il a subi des blessures graves, dont plusieurs côtes fracturées, un poumon collabé, deux hanches cassées ainsi que des fractures au cou, au genou et à la cheville. Il a aussi subi des lacérations au foie et à la rate.

«Presque tous les os de mon corps étaient fracturés», explique-t-il.

Peu après l’accident, Donald Thomas est transporté à l’hôpital de Tracadie où il est stabilisé par une équipe médicale. Il est transféré à Bathurst quelques heures plus tard. En raison d’un manque de spécialistes en mesure de le soigner, Donald Thomas a attendu longtemps avant d’obtenir les soins nécessaires.

La première intervention chirurgicale a lieu seulement le lendemain à Saint-Jean, soit près de 18 heures après la collision.

«Je ne suis pas responsable de l’accident. J’ai attendu 18 heures avant de recevoir les soins appropriés. J’ai été malmené, mais ce n’est pas la faute de ceux qui livrent les soins de santé, la faute est celle du gouvernement du Nouveau-Brunswick qui s’est traîné les pieds et qui n’avait pas un système de traumatologie en place. C’était le seul endroit en Amérique du Nord où ça n’existait pas.»

Un tel système est éventuellement mis en place en 2010. Un rapport présenté par le gouvernement provincial comprend 112 recommandations et mentionne spécifiquement le cas de M. Thomas comme l’élément qui a déclenché le processus.

«Aujourd’hui, il n’y a pas de raison qu’une personne soit forcée de mourir sur une civière dans un hôpital parce que les soins ne sont pas disponibles.»

Même s’il supporte mieux la douleur aujourd’hui, Donald Thomas n’est pas au bout de ses peines.

«J’ai 27 plaques de métal dans le corps. La douleur est pénible. Imaginez que vous aviez une plaie ouverte et que quelqu’un la fouettait chaque jour. Essayez d’imaginer la douleur.»

Il envisage maintenant de poursuivre le gouvernement provincial à cause du temps qu’il a été obligé d’attendre avant d’obtenir les soins nécessaires à son état.