Augmenter les coûts en foyers de soins: «un pas dans la mauvaise direction»

DIEPPE – Hausser les coûts de places subventionnées en foyers de soins pour les aînés serait un «pas dans la mauvaise direction», selon l’Association francophone des aînés du Nouveau-Brunswick. Fredericton considère la mesure dans le cadre de sa mission qui vise à trouver des économies de 600 millions $ dans l’appareil public, d’ici l’année prochaine.

Vendredi dernier, le gouvernement provincial a fait savoir qu’il considérait un gel du budget du ministère du Développement social. La manoeuvre pourrait mener à une hausse des frais mensuels à payer par certains résidents de foyers de soins.

L’Association francophone des aînés du Nouveau-Brunswick (AFANB) s’oppose farouchement à une telle mesure. Elle risquerait de «fragiliser la population aînée», affirme Jean-Luc Bélanger, directeur général du groupe.

«Il semblerait que le gouvernement Gallant se dirige vers… une formule d’utilisateur payeur, qui va certainement pénaliser la population aînée et leurs familles puisque les bénéficiaires de services devront absorber une plus grande part des coûts.»

Le directeur général ajoute que la mesure ne pèserait de toute façon «pas fort dans la balance pour équilibrer le budget du gouvernement Gallant».

«Il nous semble mal avisé de sabrer dans les programmes sociaux avant d’avoir exploré sérieusement toutes les autres options qui pourraient être beaucoup plus lucratives pour le gouvernement», affirme Roger Martin, président de l’association.

Le sentiment de l’AFANB est partagé par la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick. Lundi après-midi, la présidente Jeanne d’Arc Gaudet a demandé au gouvernement de «revenir sur sa réflexion concernant une hausse de prix des places subventionnées en foyers de soins».

«L’on reconnait toujours la valeur d’une société par le traitement réservé aux aînés et aux aînées», a-t-elle rappelé dans un communiqué de presse.

L’AFANB souligne que 17 % de la population au Nouveau-Brunswick est âgée de plus de 65 ans, en date de 2012. Elle projette que par 2050, ce pourcentage passera à 30 %. Des compressions dans le secteur pourraient donc avoir des répercussions à long terme.

«Il nous semble évident qu’il nous faut dès aujourd’hui aborder les enjeux relatifs au vieillissement de notre population avec une vision qui dépasse les frais relatifs aux soins des aînés», mentionne M. Martin.

Le gel du budget du ministère du Développement social est l’un des scénarios considérés par Fredericton pour atteindre son objectif de 600 millions $ en économies ou en nouveaux revenus au sein de l’appareil public d’ici l’an prochain.

Le ministère, qui est responsable des services aux personnes à faibles revenus, aux personnes handicapées et aux aînés, a des dépenses prévues de 1,1 milliard $ pour l’année fiscale 2014-2015. Il s’agit du troisième plus important poste budgétaire de la province.